21 juillet 2023 ~ 0 Commentaire

Cosa Mentale – Jean Yvane

Ce petit recueil d’une centaine de pages abritant neuf nouvelles, selon l’éditeur, textes en forme d’hommage selon moi, évoque des personnages du monde intellectuel et artistique comme Serge Gainsbourg, Franz Kafka, Georges Perec, Boris Vian, Antoine Blondin, … Chanteurs parfois, auteurs toujours, des gens de lettres à l’immense talent. Ces hommages n’ont rien de comparable avec ceux rendus à l’occasion de cérémonies funèbres ou commémoratives, aucun rapport avec ces textes dégoulinants de bons sentiments, suant la complaisance et la flatterie posthume. Non, Jean Yvane est lui-même un auteur chevronné, un homme de théâtre et aussi un homme de télévision. Il a rencontré, physiquement ou littérairement, ces neufs auteurs au cours de sa longue carrière professionnelle et littéraire, il les a admirés, il veut dire à l’approche de sa vieillesse tout le bien qu’il pense d’eux.

Il ne saurait flatté Gainsbourg car il n’est pas  « flattable », il faut le prendre avec tous ses excès pour en goûter tout le talent et Jean Yvane, l’a très bien compris. Kafka, il ne l’a pas regardé lui-même, il l’a observé à travers l’œil de celle qui le connaissait le mieux : son épouse. Perec, il a apprécié l’homme qui a su conjuguer les contraintes, souvent littéraires, et les services rendus aux autres, par exemple en leur fournissant « le mode d’emploi » du métro. Chez Vian, il a vu comme tous ceux qui l’ont connu, l’homme de cœur sans cœur, l’homme de plume et de trompette, l’homme de mots et de maux qui « n’a pas pu aller au bout de sa vie ».

Personnellement, je rends hommage à jean Yvane d’avoir laissé dans cet inventaire des grands talents littéraires une petite place à Antoine Blondin pour lequel j’ai une vraie admiration. Ses dialogues pour le cinéma, ses articles de presse sur le cyclisme, ses romans et tous ces autres écrits, tous ceux que j’ai lus ou entendus sont pour moi de véritables pépites. Antoine, il a inventé un monde à sa démesure, un langage qui m’emporte chaque fois que je le lis. Je suis heureux de partager ce plaisir avec l’auteur.

Ionesco, Beckett et Woody Allen ont été moins facile d’accès pour moi mais Jean Yvane sait dire tout leur talent pour me donner envie de revenir vers leurs textes ou films. Merci à Lui d’avoir, le temps d’une lecture, remis ses immenses auteurs sur le devant de la scène littéraire. J’espère que les libraires se jetteront sur ce livre et entraineront derrière eux une longue file de lecteurs avides de redécouvrir des œuvres qui resteront immortelles si elles ne le sont pas déjà.

M.E.O.

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