15 mars 2022 ~ 0 Commentaire

Momentanément absent – Olivier Terwagne

Dans ce recueil où alternent poésie en vers et poésie en prose, Olivier Terwagne joue avec les mots qu’ils convoquent, en des exercices d’allitérations, d’assonances, incluant de nombreux aphorismes et même quelques grains de surréalisme. Il cherche à les faire chanter, à les détourner, il aurait même tendance à en abuser même s’il aime à les câliner pour les rendre plus dociles. Ce texte ressemble ainsi un peu à un exercice de style dans lequel l’auteur évoque le temps : le temps qui s’efface trop vite, le temps passé qui devrait nourrir le temps présent déjà devenu le temps à venir.

« … le livre de ton corps / s’écrit / d’amour de ce que tu / es / en train d’éviter / de devenir / trop / tôt ».

L’auteur voudrait ainsi revenir au temps de l’enfance pour mieux l’appréhender et en construire l’avenir.

« … « je dois partir, j’ai rendez-vous avec l’enfance ». « Vous n’avez pas besoin de moi : la fin du monde est reportée à une data ultérieure ».

Le temps n’est pas la seule dimension évoquée par l’auteur, il chante aussi ceux qui habitent la planète, notamment : les familles, les filles, celles des autres pas les siennes, celles qu’on aime, et tous ceux qui déambulent dans le mouvement permanent qui habite sa poésie. Il inclut dans ses vers le monde en mouvement : les mobilités quotidiennes à proximité ou occasionnelles et très lointaines. Mouvement des foules ou des individus dans les espaces publics, migrations des peuples en fuite devant tous les fléaux naturels ou sociaux, … Mais aussi la mobilité des mœurs dont les formes nouvelles percutent déjà les us et coutumes bien désuets rangé au rang des antiquités pas encore historiques.

Ce temps qui file entre les doigts, il faudrait pouvoir l’arrêter pour en tirer le meilleur et en nourrir le présent et l’avenir.

« Le passé, c’est inspirant / c’est aussi aspirant / un écho à nos chants / aux misères du présent »

Les nouvelles technologies ont débordé le temps, l’ont relégué au rang des quantités qui mesurent les profits régissant le monde nouveau. L’ennemi n’est peut-être plus le temps mais l’invention des hommes, la machine infernale ?

« Ce n’est pas nous qui désignons forcément l’ennemi, c’est parfois lui qui nous désigne à coups de hashtag …. Luttes des classes, des races, des sexes, des genres, des religions, des régimes alimentaires, des styles vestimentaires… ».

Alors avant qu’aujourd’hui soit déjà demain, il faut, comme l’auteur l’a écrit : « habiter son corps, habiter l’espace, habiter le temps ».

Editions Traverse

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