22 février 2022 ~ 0 Commentaire

Grande vie et petite mort du poète fourbe – Eric Allard

Après avoir « stigmatisé » les écrivains dans un précédent recueil intitulé : « Les écrivains nuisent gravement à la littérature », Eric Allard revient dans la collection « Les p’tits cactus » pour, cette fois, égratigner les poètes fourbes. Ce nouveau recueil est composé d’aphorismes, de micronouvelles (je vous laisse apprécier notamment la #13 et la #14 qui sont très représentatives), de micro-textes, de courts dialogues, « Histoires de dires », dans lesquels il étale toute sa virtuosité littéraire et sa grande culture. Il est passé maître dans l’art du détournement d’expressions, de la combinaison de plusieurs expressions pour en faire jaillir une nouvelle plus insolite et beaucoup plus drôle. Il évoque, ou plus souvent fait allusion à, des œuvres littéraires, des films, des chansons des œuvres musicales pour faire sourdre une pensée, une réflexion burlesque, surréaliste, insolite, narquoise et toujours drôle.

Le fil rouge de ce recueil est fidèle au titre de l’ouvrage, Eric se moque, nargue, la littérature de supermarché, la littérature de grande consommation celle qui s’évalue en nombre d’exemplaires vendus et non à l’aune de sa qualité littéraire. Il brocarde les publications à profusion, « Cet auteur à la profuse personnalité publie un livre par moi ». Jamais il n’est méchant, il se contente juste de quelques espiègleries, quelques taquineries, quelques moqueries, il chambre délicatement, il nargue gentiment. Mais derrière ses mots, percent toujours une petite pointe d’amertume et parfois même d’aigreur.

Il supporte assez mal l’inflation langagière en matière de compliments gratuits souvent : « Depuis qu’il a accédé au trône, le roi du sonnet rencontre le haut du panier littéraire : le prince de la nouvelle, le seigneur du roman, le sultan du conte, le kaiser de la philosophie, l’empereur de l’aphorisme… Seul le grand mogol du polar s’obstine à le snober ».

Dans cet opus, Eric démontre aussi, notamment à travers cette micronouvelle, qu’il est un excellent poète : « Pendant la chute du ver sur la Voie ouatée, le poète parsème sa page de blancs et limite la progression des morphèmes dans toutes les directions, chaque vocable détonnant comme une balle de plomb dans le silence du mot ».

On le savait déjà, son blog est suffisamment explicite à ce sujet, Eric aime à dire qu’il aime les livres, cette « Histoires de dire », l’exprime encore mieux et plus drôlement : « – J’aime à regarder les livres… / – Et moi les toucher, les palper, les peloter… / – Je suis un visuel. / – Et moi, un tactile. / Il en faut pour tous les goûts. / – J’en connais qui vont jusqu’à les lire… ».

Eh oui, il y a des poètes fourbes comme il y a des commentateurs, chroniqueurs, critiqueurs pas toujours très bienveillants, Eric ne les pas oubliés. Je crois qu’il pense que tous ces gens ont certains penchants retors !

Cactus inébranlable éditions

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