14 février 2022 ~ 0 Commentaire

Etrangler l’anguille – Olivier Hervy

Comme je l’avais déjà noté lors de la publication de son premier recueil dans la collection des P’tits cactus, « Olivier Hervy rassemble des aphorismes comme de véritables petites nouvelles, des miettes d’existence, des fragments de vie, des instants figés, directement inspirés de son quotidien … ». J’ai eu l’impression qu’il testait une éventuelle publication dans la nouvelle collection des Microcactus, à mon avis, ces micronouvelles pourraient tout à fait trouver leur place dans cette collection.

Olivier décrit des événements insolites, incongrus, inattendus, impossibles, drôles tout en ménageant à chaque fois une chute surprenante. Il regroupe ses micro-textes dans des sortes de rubriques comme « Série ma fille rigoler », « Pavillons, je vous hais », « Série deux fois veuve », etc…

Il prétend que l’art de l’aphorisme se situe aussi dans l’habileté à relier deux faits, ou deux éléments, qui n’ont aucun rapport entre eux, comme une porte et la paternité, navigant entre le zeugma et l’oxymore :

« Un ami me confie qu’un jour, une jeune femme a sonné chez lui et a déclaré être sa fille. Aussi, je n’en reviens pas, ce matin, de voir le facteur devant la porte de mon vieux voisin ».

Il écrit aussi des syllogisme improbables :

« « Je ne monterai plus jamais sur des échasses ! », me dit M. après sa violente chute. Plus tard il se coupe le doigt en tranchant du pain et je m’inquiète alors : comment va-t-il vivre sans toucher un couteau ! ».

Son champ d’inspiration va de la satire du comportement humain :

« A cet ami fier d’avoir déniché le dernier potager pour y construire son pavillon, je ne proposerai pas la promenade dans la vallée si calme. Il pourrait y construire une résidence secondaire. »

Au travail de l’aphoriste :

« Souvent nos actions ont pour résultat le contraire exact de l’effet escompté et l’on enrage. Sauf, l’aphoriste qui se frotte les mains et prend des notes. »

En passant par la poésie, elle est incontournable :

« Les sacoches à l’arrière de son vieux vélo servent surtout à promener les souvenirs de mon enfance. »

Et bien d’autres thèmes encore qui se rattachent, pour la plupart, à la vie quotidienne des humains sur la planète qu’ils occupent si mal ! Un très bon recueil qui, à mon sens, montre que le champ de l’aphorisme est très vaste, qu’il peut s’étendre à de nombreuses formes littéraires et qu’on peut utiliser cette forme d’expression à diverses fins.

Cactus inébranlable éditions

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