29 janvier 2022 ~ 0 Commentaire

Jean-Pierre Otte – Collectif international

La revue Traversée consacre son N° 99 du troisième trimestre 2021 à l’écrivain belge résidant désormais en France, dans le Lot, Jean-Pierre Otte. A cette fin, les responsables éditoriaux ont rassemblé un riche aréopage d’auteurs proches de Jean-Pierre, tous plus talentueux les uns que les autres chacun cherchant à évoquer une des faces de ce personnage, que ce soit à travers les pays qu’il a habités, la vie qu’il a connu et les œuvres qu’il a écrites. Ils n’ont surtout pas manqué d’évoquer l’ami qu’il fut pour tous au-delà de l’écrivain brillant et talentueux. J’en ai compté plus d’une vingtaine penchée autour de l’écritoire pour fignoler ce magnifique hommage. Il y a là, bien sûr, des Belges et des Français mais aussi bien d’autres venus, ou nés sous, d’autres cieux : espagnoles, italiens, luxembourgeois, québécois, néerlandais, …  Je ne les citerai pas tous car il faudrait que j’écrive moi aussi un numéros spécial particulièrement fourni, j’ai remarqué quelques noms que je connais mais aucun auteur que j’ai déjà lu.

Cette lecture a donc été pour moi une sorte découverte de l’homme et de l’artiste, en réalité une seconde découverte car j’ai déjà une belle idée de son talent de plume après avoir lu et commenté son recueil d’aphorismes, « La bonne vie », paru chez Cactus inébranlable éditions. Ce numéro spécial de la revue Traversée a donc été pour moi la seconde occasion de croiser la plume de Jean-Pierre Otte, écrivain et peintre encyclopédique au talent protéiforme. Dans ce numéro spécial, les différents contributeurs ont dépeint l’homme amoureux de la nature et des lieux où il a résidé : l’Ardenne belge et le Lot en France. Son attachement à ces terroirs, à la végétation qui y pousse et à la faune qui les peuple. Ils évoquent aussi son œuvre, ses débuts littéraires dans la poésie et les textes courts, les romans et les essais qui ont suivis, les recueils d’aphorismes et les divers autres écrits. Ils n’ont pas oublié d’évoquer le peintre qui a réussi avec bonheur dans la peinture à la cire chaude. Ils ont souligné à l’unisson sa grande culture, son esprit ouvert et libre, sa sagesse, sa détermination dans l’action, sa clairvoyance de jugement, …

A travers tous les hommages rendus, on découvre l’homme prêt pour l’aventure, « Lever l’ancre, lâcher prise, larguer les amarres … », l’homme toujours prêt à partir dans un « voyage autour des profondeurs ottoniennnes » comme l’écrit Elisa Luengo Albuquerque. Celui qui « sacrifie la littérature à la nature… » ce qui permettra à Elsa de le rapprocher de Julien Gracq. L’un évoque l’Ardennais, l’autre l’émigré en France, tous l’ami et certains l’auteur, le penseur qui préconise qu’il faut se libérer devant les contraintes de la famille et de la société. La formule d’Anne Briet : « Ecrivain, penseur, conteur insatiable de l’histoire humaine, animale, végétale … amoureux fou de la vie », résume bien l’artiste tel qu’il apparait dans les lignes de cet hommage. Et l’artiste à ouvert largement son champ de pensée, comme l’évoque David Jauzion-Graverolles, à tous les mythes et à toutes les pratiques initiatiques des indigènes de toutes les contrées de la planète.

La femme est un autre thème cher à Jean-Pierre, la femme idéalisée, la femme dans le couple…, les femmes qu’il a aimées dans la vie et dans les écrits. Thème que Michel Otten étudie à la lecture de « Cette nuit à l’intérieur d’une bogue ». Et la femme, c’est bien connu, conduit au plaisir, on pourrait ainsi passer de Michel Otten à Mario Pelletier qui écrit : « Jean-Pierre Otte a acquis un mas dans le Sud-Ouest de la France pour répandre, de livre en livre, sa conception du plaisir d’exister ».

Ce numéro comporte aussi quelques poésies de Jean-Pierre lui-même, une nouvelle inédite de son épouse, Myette Ronday, quelques poèmes d’un auteur insuffisamment connu à son goût : Jacques Carlot et aussi, bien évidemment, de très jolies illustrations du maître en personne. Jean-Pierre est en effet un peintre-écrivain. Nicole Détourbe déclare que pour Jean-Pierre « Depuis le début « le recours aux couleurs » est aussi naturel que le recours aux mots… ». Le trait et la couleur font partie intégrante de son vocabulaire artistique tout comme les mots et la ponctuation.

Je ne comprends pas comment, j’ai pu passé aussi longtemps à côté d’un si grand artiste qui a été plusieurs fois l’invité de Bernard Pivot, Patrick Poivre-d’Arvor, Monique Atlan, François Busnel pour ne citer que ceux l’ont accueilli le plus souvent. Mais, je sais que je lirai bientôt son prochain ouvrage, alors…

Traversées N° 99 – 2021 – III

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