12 janvier 2022 ~ 0 Commentaire

Tout est relatif (et tondu) – André Stas

Dès la lecture des premières pages de ce nouveau recueil d‘aphorismes d’André Stas, j’ai vu que les aphorismes évoquant l’art d’écrire des « aphorismes » étaient récurrents. J’ai ainsi eu l’idée d’en relever un certain nombre afin de rédiger, à mon intention et par la suite à celle des lecteurs de mes propos, un petit guide du bon usage et de la bonne rédaction des aphorismes. André Stas étant un maître ne la matière, je ne prenais aucun risque de transmettre de mauvais conseils.

J’ai tout d’abord retenu que pour réussir un bel aphorisme, il faut aimer les mots :

« Les mots adorent jouer avec moi. »

« J’écris des aphorismes, je baise mes mots »

Il faut aussi savoir ce qu’est un aphorisme, à quoi il est destiné, comment l’utiliser, là encore les conseils d’André sont fort précieux :

« Les proverbes sont la sagesse des nations, les aphorismes leur dissipation. »

« Le poème est une pomme. L’aphorisme le serpent »

« Poèmes, flocons de neige ; aphorismes, averse de grêlons. »

« L’aphorisme est un pet de travers, la luna storta, comme on dit en Italie. »

« Les recueils d’aphorismes sont des œuvres de cabinet. »

Munis de ces précieuses indications, il faut aussi comprendre comment construire un aphorisme, ce qu’il faut rechercher, qu’elle forme lui donner :

« Amélioration de l’aphorisme : Expéditif, succinct, fugitif, concis, court, limé, zen, nu. »

Mais attention, il faut sortir des notions académiques et bien comprendre que l’aphorisme a lui aussi, un caractère, un esprit, des humeurs :

« L’aphorisme : un jour cinglé, un jour cinglant. Au mieux les deux en même temps. »

« Je caressais un aphorisme qui soudain me mordit. »

« Certains aphorismes font preuve d’une folle sagesse. »

Quand et comment écrire un aphorisme, ce sont des questions d’importance, il faut savoir viser juste, ajuster son aphorisme avec précision, bien connaître la cible et ne ma lésiner sur les assaisonnements :

« Si tu en penses du bien, écris du bien. / Si tu en penses du mal, n’écris pas. / Mais rien n’est jamais parfait ni indigne d’intérêt. »

« Glissez, aphoristes, chatouillez où ça fait rire sinon tiquer, n’appuyez que là où ça fait mal. »

Mais, attention à ne tomber dans les effets de mode, à ne pas en faire trop, plutôt faire peu mais bien que beaucoup et quelconque :

« La mode des aphorismes c’est comme les puces, les vide-greniers. Comme diraient les brocanteurs, parmi la drouille, quelquefois des Chopins. »

Munis de ces précieux conseils, nous pouvons nous lancer dans la rédaction de beaux aphorismes plein d’esprit, il suffit juste que dame inspiration se manifeste mais elle bien capricieuse.

« C’est souvent au moment où l’on s’y attend le moins qu’un aphorisme déboule. »

Madame vous a visité, vous avez suivi les conseils du maître, vous avez pondu de beaux aphorismes, vous êtes plein de fierté de les avoir écrits, vous désirez ardemment les semer au vent des poètes, alors vous aurez peut-être la chance de les voir pousser dans le champ de Cactus…

« Qui sème l’aphorisme récolte le Cactus inébranlable. »

Cactus inébranlable éditions

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