27 octobre 2021 ~ 0 Commentaire

Copeaux des saisons – Anne-Lise Blanchard

Hier encore, non je ne vais pas chanter la chanson de Charles Aznavour, je voudrais simplement dire que j’évoquais, au Marché de la poésie, avec une amie poétesse, la relation entre le poète et son lecteur. En ouvrant ce recueil, je suis ravi de voir que le préfacer aurait pu partager mon avis, pour moi le poème est un trait d’union qui relie un auteur et un lecteur afin qu’ils échangent et ensuite, fort de ce partage, se rencontrent pour boucler la boucle. Jean-François Lavallard, le préfacier en question, revient sur ce thème pour conclure sa préface que je partagerais volontiers : « C’est cet échange, si particulier à travers une langue qu’on s’approprie à pas comptés qui consacre et justifie le poème en train de se faire ».

Fort de ces propos, je ne pouvais que tomber sous le charme d’Anne-Lise qui m’a ramené vers des lectures qui m’ont laissé de doux souvenirs, je veux parler de la lecture de recueils de poésie d’influence japonaise. Je ne dirais pas que ses tercets sont des haïkus, ils ne remplissent peut-être pas toutes les conditions énoncées par Iocasta Huppenn, un grande haïjin (auteure de haïkus), dont j’ai lu un ouvrage traitant de la poésie brève d’influence japonaise dans lequel elle précise bien la différence entre tercet et haïku. Donc, ce n’est pas tellement la forme mais surtout la manière qu’a Anne-Lise d’exprimer une idées, un sentiment, une émotion, une image, un personnage, un paysage, … Deux vers pour dire la chose et un autre pour la situer dans un contexte particulier.

« Rue déserte / chant du canari / le printemps frissonne ».

J’ai aussi, tout comme chez de nombreux poètes japonais, trouvé dans les textes d’Anne-Lise un monde de quiétude, de douceur, accueillant, chaleureux, un monde d’avant la pandémie mais un monde qui déjà connaissait les affres des guerres et des attentats ravageurs. En évoquant une nature douce, les fruits, les fleurs, les astres, les animaux (surtout domestiques), tout ce qui peut composer un paysage calme, irénique où il fait bon vivre à l’écart des gesticulations humaines. C’est tout un art qu’Anne-Lise maitrise à merveille, de choisir les mots, quelques-uns seulement, pour décrire un monde aussi réjouissant. On dirait que Kawabata lui a soufflé toute la sérénité et toute la douceur dont il nourrit ses textes poétiques et autres.

Merci à l’ami Gérard Paris de m’avoir fait découvrir cette poétesse pleine de finesse, de douceur, de quiétude et d’empathie avec le monde qu’elle décrit et qu’elle nous fait aimer. Merci aussi à Josette Vial pour avoir su trouver des photos, en noir et blanc, qui mettent en valeur les mots de l’auteure (autrice est un mot trop laid pour en affubler une poétesse).

Pour conclure cette chronique, je voudrais citer ce tercet qui m’a particulièrement séduit :

« Aux lèvres du marais / Sur les cuisses des collines / le goût du vent ».

Editions Corps Puce

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