12 octobre 2021 ~ 0 Commentaire

Aya – Marie-Virginie Dru

Sur l’île de Karabane, dans l’estuaire du fleuve Casamance au Sénégal, Aya adolescente indigène vit avec sa mère devenue folle après la disparition de son mari alors qu’il tendait de rejoindre l’Europe sur un bateau de fortune, et sa petite sœur. Elle assure la stabilité de la famille en veillant sur la mère et en gardant les chèvres. Elle pense régulièrement à son frère parti lui aussi pour le grand voyage et qui n’a jamais donné de nouvelles, elle croit fermement qu’il est arrivé à bon port et qu’il reviendra un jour. En attendant, elle se console avec son petit ami, Ousmane, qui deviendra bientôt subir les rites initiatiques. C’est son protecteur, le seul sur qui elle peut compter pour, un jour, éloigner le frère de sa mère qui la viole régulièrement.

Un jour, elle rencontre Camille, une Blanche très blanche avec laquelle elle noue une réelle amitié en espérant que celle-ci l’emmènera dans un pays moins hostile, peuplé de gens moins violents. En attendant, Camille l’accompagne au dispensaire où elle apprend qu’elle est enceinte. La voisine l’oriente alors vers la Maison rose à Dakar où sont accueillies les jeunes filles enceintes beaucoup trop tôt. Elle accouche d’une petit garçon qu’elle élève avec tout son amour et celui des personnes qui l’entourent. A Paris, Djibril, le frère connaît la misère de la plupart des migrants vivant dans la rue ou dans des squats loin, très loin de sa petite sœur…

L’auteure semble bien connaître l’Afrique et toutes les richesses qu’elle recèle et dont on la dépouille allègrement, sana vergogne aucune et aussi la gentillesse, l’amabilité, la générosité de son peuple dépourvu de tout. Elle connaît bien aussi tous les mécanismes des affres qui sèment la misère dans ce continent accablé. Elle sait la rudesse du climat qui anéantit les récoltes, la mécanique implacable qui conduit à l’émigration dans des conditions suicidaires, la pauvreté inéluctable qui ne fait qu’empirer, elle sait aussi la corruption qui, elle, n’est pas une fatalité.

Marie-Virginie Dru semble beaucoup aimer l’Afrique, elle a voulu, à travers ce roman, montrer toute la richesse de ce pays et de ce peuple avec, hélas, aussi toute les misères qui semblent s’acharner sur ce continent qu’on pourrait qualifier certaines fois de misère. Puisse Aya avoir la force de renverser cette fatalité et rendre à son pays l’espoir qu’il mérite tant.

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