29 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

Dis, petite salope, raconte-moi tout… – Olivier Bailly

L’auteur s’adresse au héros du roman, le plus gros de la classe qui est amoureux de Vanessa, la plus belle, qui, évidemment, l’ignore totalement. Pour perdre enfin sa virginité, Il se laisse séduire par la plus moche qu’il rejette quand, à la faculté, il finit par obtenir un baiser de Vanessa qui le snobait au lycée, elle s’est, comme lui, inscrite à la faculté de médecine où il la protège du bizutage infligé par les deuxièmes années. Il devient son héros et elle finit par l’épouser et par lui donner une adorable petite fille qu’il vénère comme une déesse.

Il est heureux en famille mais les amis et collègues de sa femme le stigmatisent et l’évitent, il n’est qu’un vulgaire commercial qui fourgue n’importe quelle marchandise aux ménagères de moins de cinquante ans en faisant du porte à porte. C’est un excellent commercial, il gagne beaucoup d’argent, grimpe dans la hiérarchie de sa profession et développe son entreprise. Mais, il reste le fils d’un cheminot décédé trop tôt, il est convaincu qu’il n’est pas digne de sa femme, qu’il n’est pas assez bien pour elle et qu’un jour un autre, rentrant mieux dans les codes définissant la société des amis et collègues de sa femme, la séduira et l’emmènera avec lui. Il devient soupçonneux, jaloux jusqu’à l’intolérable. Il surveille sa femme comme un maton veille sur les détenus, il perd peu à peu pied, se réfugie dans l’alcool qu’il consomme de plus en plus excessivement. Il s’enfonce dans une paranoïa destructrice dans laquelle il entraîne tous ceux qui pourraient l’aider.

C’est un très beau roman que propose Olivier Bailly, un plaidoyer contre l’envie, le désir de posséder et d’être aimé par une personne qui peut prétendre à des amours plus gratifiantes. Un plaidoyer contre ce manque de résilience et d’acceptation de sa personnalité qui conduit à une jalousie destructrice. Un plaidoyer aussi contre la société qui fixe les critères définissant ceux qui sont beaux, ceux qui ont du charme, ceux qui sont intelligents, ceux qui ne sont dignes d’aucun intérêt, ceux qui doivent se réfugier dans la marge où ils pourront grignoter les rebus de la classe des élus.

Après avoir lu ce beau texte finement écrit, nourrit de traits d’esprits fulgurants et d’images fort expressives, j’ai pensé à cette citation de Coluche : « Il y en aura qui seront noir, petits et moches. Et pour eux, ce sera très dur » que l’on pourrait parodier en écrivant : « Il y en aura qui seront frustrés, gros, et moches. Et pour eux ce sera très très dur ». Le monde est très injuste et chacun n’a pas les qualités ni les possibilités de l’accepter sans se rebeller, préférant se réfugier dans la convoitise, la jalousie, l’alcool et d’autres substances euphorisantes ou anesthésiantes. Certains méritent peut-être plus d’attention que d’autres ?

Cactus inébranlable édition

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