15 juillet 2021 ~ 0 Commentaire

Et si Notre-Dame la nuit … – Catherine Bessonart

Notre-Dame de Paris là où la France se regroupe lorsque les événements sont particulièrement dramatiques. Km 0 du réseau routier national. Km 0 de l’histoire tricotée avec habilité par Catherine Bessonart. Là où Thomas, un peintre inconnu, découvre un matin que les neuf statues qu’il a accepté de peindre pour un étrange commanditaire ont été décapitées au cours de la nuit. L’énigme générée par cette offense destructrice échoit sur le bureau du Commissaire Bompard, c’est le début d’une affaire qui prend rapidement une ampleur beaucoup plus dramatique. Des jeunes femmes sont-elles aussi retrouvées privées de leur chef dans divers endroits de la capitale, des filles qui n’ont aucun rapport entre elles, mais les lieux où sont retrouvés les corps, eux, semblent bien choisis pour une raison tout à fait significative.

Bompard et son équipe se livrent à toute une batterie d’investigations ne laissant aucune piste inexplorée, analysant le moindre indice, se penchant sur le plus petit détail, élaborant toutes les hypothèses semblant concorder avec les éléments dont ils disposent. Mais, le coupeur de tête semble plus rapide que les policiers qui ne font que courir après ses sinistres exploits. Il faudra à Bompard le concours de son psychologue pour explorer son moi le plus intime, le plus profond, pour rechercher dans son passé, sa prime enfance, les événements dramatiques que ses décapitations évoquent de façon de plus en plus prégnante au fur et à mesure que l’enquête progresse et que l’assassin étête. Cette sinistre vague de décapitation l’entraîne de plus en plus vers son enfance, comme s’il était personnellement concerné. « C’est curieux, …, mais chaque fois que je découvre quelque chose le concernant, je suis surpris au début, et très vite çà me devient familier ».

Bompard c’est un peu Maigret, Maigret interprété à la télévision par Bruno Cremer, il a comme lui la même lenteur un peu lourde de l’homme qui réfléchit en marchant, la même façon de respirer les lieux, d’essayer de s’immiscer dans la tête du tueur, de le comprendre, de trouver ses motivations, ses failles, ses rancœurs, les haines qui ont peu le pousser à l’action. Mais Bompard n’est pas le Maigret serein qui vit auprès d’une femme aimante qui prend soin de lui, c’est un homme divorcé d’une femme dont il n’arrive pas à se séparer, inquiet, angoissé qui porte un lourd passé qu’il n’arrive pas à extraire de sa mémoire. Il est suivi par un psychologue …. C’est un Maigret d’un autre temps qui vit dans un autre contexte, dans notre période d’angoisse et d’inquiétude. « Mais cette fois, c’était différent : c’est l’autre qui venait vers lui, l’aspirait ».

Catherine Bessonart propose un polar en équilibre entre les bons vieux polars de notre jeunesse, les sixties et les seventies, et les polars plus contemporains où les policiers sont souvent très proches des coupables, où justiciers et malfrats ne sont pas forcément dans des camps opposés… Une bonne lecture pour meubler vos heures de bronzette sur la plage des vacances.

Editions de l’Aube

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