04 décembre 2020 ~ 0 Commentaire

Mémoire cash – Jean-Jacques Nuel

« Après avoir sacrifié / près d’un demi-siècle /à la prose » – il semble bien que ce fut un véritable sacrifice – Jean-Jacques Nuel revient à la poésie pour s’immerger dans une cure de nostalgie en évoquant : son enfance à Lyon, sa gare, peut-être aussi la Gare de de Lyon à Paris, son quartier, son petit monde d’alors : les rues, les commerces, les services publics ou privés, l’insouciance de la jeunesse et puis le temps qui passe… « Tu ne referas plus / ce trajet adolescent / entre la sortie du lycée / et la gare routière / où tu attendais l’autocar / de 18 heures 20 ». Aujourd’hui, « à 68 balais », Il évoque déjà l’autre extrémité de sa vie, l’avenir plus inquiétant qui se profile avec son lot de tracas et de souffrances. Ce recueil décrit une vie qui ne serait qu’un étirement entre deux extrémités : l’enfance insouciante et heureuse et la fin qui s’annonce avec tous les aléas réservés à la vieillesse. Aujourd’hui, ne serait qu’une passerelle entre ces deux extrémités sans relief particulier. Il a ce qu’il lui faut pour s’assurer un confort douillet dans un paisible coin de campagne bourguignonne tout en jouissant encore d’une santé suffisante pour vaquer à ses obligations et loisirs sans difficultés aucunes.

En quelques poèmes de quelques vers composés de quelques pieds seulement, Jean-Jacques Nuel raconte ce qui semble être la plus belle période de sa vie, son enfance à Lyon. A Lyon où il était tout aussi libre que le sont ses vers, où il rêvait encore… Aujourd’hui, son regard se voile d’une certaine désillusion accumulée au fil des ans et d’un brin de cynisme pour évoquer tout ce qui a changé pas forcément pour le mieux-être de l’humanité. A travers, cette tout petite strophe, il exprime, en quelques mots seulement, la puérilité qui a envahi notre société : « ce qui était merveilleux / en ce temps-là // c’est qu’on ne prenait pas / de photos » … Voilà tout est dit … ou presque !

Dès les premières pages de ma lecture, j’ai remarqué ces accès de nostalgie et ces bouffées d’inquiétudes, j’avais déjà rédigé une notule sur un petit papier quand, page 35, du recueil, j’ai lu ces vers : « Je vis trop il est vrai dans le passé / remémoré ou dans le futur /imaginé ». L’auteur était donc bien conscient qu’il considérait sa vie par les deux bouts comme d‘autres brûlent la … Pour lui le « … le présent n’est que la ligne / de partage / étroite / fuyante / entre le passé et l’avenir ». Et comme le temps est ta seule richesse, tu ne voudrais pas le galvauder inutilement. « Tu n’es pas un businessman / pour qui time is money / mais tu sais que le temps / est ta seule / fortune ». Alors gère-la avec le plus grand soin !

PS : « ne te fais pas plus dinosaure que te ne l’es », tu es plus jeune que moi ! Et, j’espère bien qu’un jour nous pourrons partager « une bouteille de Château-Chalon / dont (je) suis (aussi) amateur ».

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