23 novembre 2020 ~ 2 Commentaires

Zizanie dans le métronome – Pascal Weber

Cet opus est le soixante-dixième de la fameuse collection « P’tits cactus » de « Cactus inébranlable éditions », après une telle production on pourrait craindre une certaine usure, une certaine routine, mais ce serait compter sans la perspicacité du boss qui, lui, a un flaire infaillible pour dénicher des nouveaux talents ou faire progresser les auteurs qu’il publie déjà. Et, en découvrant un talent comme l’auteur du présent recueil, Pascal Weber, il ne risque pas le manque de créativité, la routine, l’usure, … Il écrit sur la quatrième de couverture que : « Les aphorismes de Pascal Weber sont drôles, parfois ; poétiques, souvent ; surréalistes, généralement ; magnifiques, toujours ». Je ne saurais mieux dire tant j’ai apprécié l’art de Weber de délivrer des traits d’esprit percutants, de décocher des raccourcis foudroyants, de jongler avec les mots comme un artiste avec ses engins, et ce sans toujours s’accrocher à des jeux de mots ou calembours déjà trop souvent usités. Chez lui le sens, la percussion, l’effet font plus que le jeu sur les mots.

J’ai retenu quelques aphorismes pour illustrer mon propos :

« A vouloir peaufiner, peaufiner, peaufiner, on finit par ne plus voir que les os du poème ». (Clin d’œil à tous les poètes qui travaillent trop la forme et pas assez le fond).

« Des îles désertes, alors des marins les fusillent ». (Travail sur l’absurde).

« Si vous croyez que c’est facile de n’être qu’un homme compliqué ». (L’art du raccourci !)

« Il faut un sac rempli de silences pour récupérer la parole perdue ». (Et si ça ce n’est pas de la poésie…).

« Un homme grenouille s’est pendu à un noyer ». (Un bijou !)

« Avec les colombes, seuls les lapins ne croient plus en l’illusionnisme ». (Encore un raccourci brillant !).

« Ni Dieu ni maître ni éditeur ni ami ». (Clin d’œil pour l’éditeur…)

« Ce père m’a donné la main de sa file unique, il aurait pu m’accorder le bras qui va avec ». (Surréaliste ?)

« L’écrivain a l’esprit testiculaire ne va pas pondre que des couillonnades » (On demandera à son éditeur !)

« La transpiration est le parfum des pauvres ». (On ne le sait que trop !)

Avant de conclure, je prends soin de vous rapporter cette recommandation de l’auteur qui pourrait être bien utile : « Les coincés de l’esprit, les sans-humour, les sans-amour, ils n’ont rien à faire ici ». Voilà, c’est dit ! Et de m’étonner avec lui à travers cette interrogation : « Pourquoi n’y-a-t-il pas encore un Prix Nobel de l’aphorisme ? », « Visiblement le siècle des lumières n’est pas celui-ci ».

Cactus inébranlable éditions

2 Réponses à “Zizanie dans le métronome – Pascal Weber”

  1. La chronique est un art à part entière, la vôtre me le confirme.
    Art dans lequel je n’excelle pas encore, mais peu à peu j’apprends.
    Vos mots me touchent énormément, je suis heureux que les miens aient pu vous parler autant.
    Et surtout ravi que les diverses contraintes (formelles mais pas que) que je m’impose toujours passent ici inaperçues (par exemple, qui va remarquer que « éditeur ami » est l’anagramme de « Dieu maître » ?).

    • Que vous me faites plaisir ! Je is simplement ce que je ressens, ce que le texte m’inspire, c’est lui qui est talentueux ! Vous avez apporté un courant d’air frais dans cette belle collection.


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