02 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

Lire un jardin – Jean-Claude Martin

C’est le troisième recueil de Jean-Claude Martin que je lis cette année, c’est un auteur prolifique et talentueux qui a séduit différents éditeurs (Gros textes, Le Merle moqueur, Tarabuste éditeur, Les carnets du dessert de lune, pour les ouvrages que j’ai lus) et qui m’a séduit moi aussi comme lecteur. Après avoir écrit une encyclopédie de l’alphabet, ça peut paraître abscons mais il a édité un recueil dans lequel il a inséré un texte inspiré par chacune des lettres de notre alphabet. Il a aussi écrit un autre recueil où il évoque les filles qu’il a connues ou celles qu’il voudrait encore séduire. Dans ce nouvel opus, il évoque son jardin, l’endroit où il aime se prélasser, baguenauder, laisser couler doucement le temps sans laisser prise à toutes les tensions qui envahissent notre époque. « Je me méfie du matin parce qu’il traîne toujours en laisse l’après-midi. Mais, au soleil adolescent, je bois un verre d’eau claire. Des oiseaux chantent. Tout le monde a l’air à peu près gai ce matin… »

« L’auteur confesse : « J’adore pratiquer « la poésie de chevalet », ce qui signifie qu’il s’installe au jardin pour écrire ses textes qui sont de la véritable poésie en prose écrite à l’aide de phrases courtes, particulièrement bien venues dans des textes courts comme celui-ci que j’ai choisi pour toutes les impressions visuelles qu’il dégage :

« Le jour se lève. Joyeuse boucherie. Du sang partout. Contrairement aux idées admises, la naissance est un sale moment. Mais le temps. Vous nettoie une scène de crime mieux que le plus méticuleux des assassins. En quelques minutes le bébé est présentable. Rayonnant. Vaniteux… »

Cette poésie dégage calme, quiétude, irénisme, humilité, …, comme dans un cloître où « Quelques minutes suffisent pour s’y apaiser la tête, et, regardant le ciel, espérer être meilleur… ». Comme dans ce cloître « On baisse la tête pour entrer dans mon jardin. Non que ce soit un lieu de recueillement, ou un lintottroba (linteau trop bas). Seulement quelques branches d’arbre qui se laissent aller. Humilité plus qu’humiliation, passage un peu masqué : normal, c’est un jardin secret ! »

Ses textes sont aussi des mines pour les amateurs d’aphorismes, allitérations, assonances, calembours et autres jeux avec les mots. Ce petit texte en est un bel exemple :

« Parmi tous les jardins, le zen a mon affection. Parce qu’il cultive les cailloux, et qu’on ne cultive jamais assez les cailloux. Le jardin zen est fait pour l’esprit, pas pour la culture. Peu d’espace lui suffit. Tant pis si l’on ne peut s’y promener. Sable, râteau, deux trois pierres, du gravier… Dieu est gravier ! Bref : où il y a zen, il y a plaisir … ».

Mais, « Une cloche tinte dans le soir lointain… » serait-ce le carillon de Bruges que Pierre Selos chantait si magnifiquement ?

« Et j’entendais le carillon de Bruges

Le carillon de Bruges

Monter dans le matin

Et j’entendais le carillon de Bruges

Le carillon de Bruges

Au lointain ».

Tarabuste Editeur

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