10 octobre 2020 ~ 0 Commentaire

Garage, néon, hélicoptère et autres mots d’amour – Balval Ekel, Thierry Radière

Après avoir commenté dix-sept livres de Thierry et quatre de Balval, son épouse à la ville, j’ai été ravi de lire et commenter ce nouvel opus où, pour la première fois, ils ont réuni leur plume respective pour répondre à une invitation de leur éditeur qui leur a proposé de choisir quarante mots d’amour et d’écrire chacun pour chaque mot retenu un texte selon leur inspiration. Ils ont relevé le défi, ils ont choisi des mots qu’on ne trouve pas habituellement dans le langage de l’amour : arbres, bars, cuisine, dattes, étranger, garage, hélicoptère, …, des mots qui les rattachent peut-être à leur histoire personnelle. L’éditeur, Jacques Flament, a ainsi présenté chacun de leur quarante textes respectifs en vis-à-vis, les textes de Madame sur la page de gauche, les textes de Monsieur sur la page de droite.

A force de lire leurs textes, je commence par bien connaître la famille Radière car dans chacun de leurs écrits je trouve toujours une tranchette de vie, une anecdote, une allusion, une indiscrétion, une révélation, …, qui évoquent leur vie familiale. Dans cet exercice, j’ai retrouvé beaucoup de choses que je savais mais je me suis surtout attaché à voir comment, eux, ils regardaient, chacun de leur côté, leur histoire, leur rencontre, leur vie en famille, leur façon de concevoir l’existence, …, et le moins que l’on puisse dire c’est que ces deux auteurs semblent très unis dans le couple qu’ils forment, faits pour vivre ensemble en se complétant quand ils ne sont pas absolument d’accord ce qui est presque toujours le cas.

Et pourtant, j’ai trouvé une certaine différence entre eux, celle qui peut exister entre un paysan sédentaire et un nomade de passage, ils sont peut-être d’accord, ils pensent peut-être de la même façon mais leur raisonnement n’emprunte pas le même chemin. Balval appartient au monde ouranien issu du peuple des pasteurs qui suivent leur troupeau en adorant les dieux du ciel, comme Ouranos, qui les guident vers les meilleurs pâturages. Thierry lui appartient plutôt au descendant du monde chthonien, le peuple de ceux qui labourent la terre en adorant les dieux de la fécondité. Ainsi le propos de Thierry est plus centré sur sa famille, ses origines terriennes, les lieux où il a vécu avec ses parents puis avec la famille qu’il a constituée avec son épouse et sa descendance. Alors que Balval laisse plus voguer son esprit vers des lieux lointains, des éléments immatériels : les rêves, les sentiments, les émotions et ses origines qu’elle ne connaît pas très bien. Mais in fine, ils profèrent les mêmes valeurs et, ensemble, ils pourront espérer de belles récoltes et conduire leur petit peuple sous les cieux les plus cléments. Le pragmatisme de Thierry apportera les solutions nécessaires à la réalisation des rêves et désirs de Balval.

C’est un bel exercice littéraire que leur a proposé leur éditeur, il dévoile bien des facettes du couple qui se livre à ce jeu d’écriture en acceptant de se dévoiler un peu.

Jacques Flament alternative éditoriale

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