23 septembre 2020 ~ 0 Commentaire

Joailliers de légende – Bertrand Stabley-Meyer, Laurence Catinot-Crost

Après avoir lu ce livre, j’avais l’impression d’avoir traversé des rivières de diamants, d’avoir escaladé des montagnes de pierres toutes plus précieuses les unes que les autres, d’avoir traversé des océans de joyaux chargé comme un galion espagnol rentrant au port de Séville après une campagne en terres amérindiennes, … , tant les joyaux de tous genres inondent ses pages. En une quinzaine de chapitres, comme autant de monographies des plus grandes maisons de joaillerie de l’histoire du monde, les deux auteurs racontent comment ces joyaux à la valeur souvent devenue inestimable ont traversé l’histoire sautant de tête en tête, de cou en cou, de poignet en poignet, etc…, et même parfois de tête en cou ou de cou en poignet, toutes les formules sont possibles tant l’imagination et le talent des joailliers sont immenses. Et, comme le célèbre film nous a appris que les diamants sont éternels on peut penser aussi que c’est le cas de tous les joyaux.

Suivre leur traces des têtes couronnées au cou des épouses et héritières des maîtres du commerce mondial et des grands capitaines d’industrie avant de les retrouver dans les parures des plus grandes stars du cinéma et des arts et peut-être, mais nos auteurs n’ont pas poussé leur étude jusques là, dans les cassettes des nouveaux milliardaires de notre époque ayant fait fortune dans le pétrole, la communication ou diverses industries de pointe. Ils résident souvent au Moyen-Orient, en Chine ou sous d’autres cieux asiatiques. Suivre cette trace, c’est emprunter le chemin qui mène vers ceux qui détiennent la puissance et la gloire, la fortune et le pouvoir. Ainsi en lisant ces textes, on peut voir comment le pouvoir passe d’une caste à une autre, comment les aristocrates ont dû partager – et même parfois céder – leur fortune avec les maîtres du commerce et de l’industrie avant que ceux-ci doivent, à leur tour, laisser une part du butin aux nouvelles corporations enrichies dans les arts, la communication et les nouvelles technologies.

Ce livre c’est aussi un hommage vibrant à tous les acteurs de la filière du luxe, ces artisans, plus souvent artistes qu’artisans, capables de concrétiser les rêves le plus fous de créateurs de génie. Il a fallu aussi pour que cette filière inonde la planète de ses merveilles que des femmes et des hommes prennent le risque d’oser, d’investir souvent des sommes folles, pour gagner la confiance de ceux qui sont dépositaires des fortunes de ce monde. Car les joyaux ne sont souvent que de passage dans les coffres des plus nantis, ils voyagent beaucoup et tout le monde peut espérer, un jour, gagner suffisamment d’argent pour pouvoir s’approprier pour un bout de vie, même très court, une parcelle, même infime, de cet immense trésor.

Cette lecture m’a aussi laissé penser que le grand luxe se concentrait de plus en plus dans les mains quelques opérateurs, quelques géants qui se partagent la majorité des marques les plus prestigieuses, et que pour une fois, les Français ne semblaient pas être à la traîne dans le paysage mondial de ce grand luxe dont le centre semble toujours être la célèbre Place Vendôme au cœur de Paris.

Bartillat

 

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