04 mars 2020 ~ 0 Commentaire

Créatrices de légende – Bertrand Meyer-Stabley – Laurence Catinot-Crost

Bertrand Meyer-Stabley avec cette fois la participation de Laurence Catinot-Crost, brosse le portrait de vingt-cinq créatrices de légende, de Jeanne Lanvin à Stella Mc Cartney, ayant, selon lui, écrit l’histoire de la mode au XX° siècle, en débordant un peu sur le XIX° et le XXI°. Une véritable légende qui s’écrit comme une théogonie mythologique avec ses déesses tutélaires, : Jeanne Lanvin, la pionnière, Coco Channel, la révolutionnaire, Elsa Schiparelli, l’originale, Madame Grès, la dame au turban, Nina Ricci, la bourgeoise, Carven, la dynamique, Donatella Versace, la prima donna. Toute une mythologie avec aussi, ses grandes prêtresses, de Sonia Rykiel à Stella Mc Cartney en passant par Laura Ashley, Chantal Thomass et d’autres encore, et tout un clergé de reines de beauté, de princesses du parfum, de croqueuses de diamants et, comme dans toute mythologie, quelques diablesses pour faire pendant aux déesses. Des femmes d’exception, légendaires, mythiques ayant érigé la mode en une véritable religion à laquelle se sont converties toutes les élégantes de cette période et même de nombreuses anonymes qui se sont senties devenir plus femmes, plus rayonnantes, plus élégantes, plus indépendantes.

Ces icônes ont connu chacune un destin particulier souvent des histoire épiques, elles sont nées dans le ruisseau ou dans un château, elles n’ont pas beaucoup de choses en commun, elles ont juste ce qui a fait d’elles des légendes vivantes : un immense talent, une volonté inflexible, une ténacité féroce, le sens de l’entreprise, l’art de renifler l’air du temps et surtout un goût infaillible au service d’une exigence extrême. Elles ont su élever la beauté et l’élégance au niveau d’un véritable culte dont elles furent les icônes adulées. A cette époque leur talent faisait encore autorité, elles n’étaient pas toutes de bonnes gestionnaires ou de bonnes capitaines d’industries, leur aura n’a pas toujours brillé aussi longtemps que leur légende, certaines connurent des traversées difficiles et même une fin douloureuse. A cette époque la mode et ses dérivés étaient surtout un art élevé au rang de culte où l’on adulait les déesses, les prêtresses et tout un clergé dictant les rites qui rythmaient le calendrier de la liturgie des élégantes de Paris à New-York, et de Londres à Milan.

Les auteurs évoquent surtout cet âge d’or de la mode où le talent était vénéré comme l’âme et le moteur de l’élégance, par quelques allusions, ils laissent penser que cette période a désormais vécue, les icônes, y compris les mannequins mythiques, ne sont plus que les salariés royalement payées par les plus grandes fortunes qui ont vu dans la mode et le luxe le moyen de s’offrir un étendard à ficher tout en haut de leur immense empire financier. L’âge de la finance à mis la mode sous sa coupe, les créatrices, tout comme les créateurs, ont perdu leur liberté d’inventer même s’ils gagnent autant et même plus d’argent qu’avant. Le romantisme, le panache, l’originalité, l’inventivité sont devenus mots désuets laissant la place à des termes plus pragmatiques comme : gain, profit, rentabilité, etc… L’ère de la mode régnant sur le monde des élégantes est échue, l’ère de gagner l’argent et d’afficher son pouvoir en les habillant est avenue.

C’est cette mutation que les deux auteurs ont décrite en racontant l’histoire de toutes ces idoles qui ont créé cette mythologie adulée de toutes les femmes soucieuses de leur apparence.

Editions Bartillat

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