07 juin 2019 ~ 0 Commentaire

Transport commun – Rim Battal

Née au Maroc, Rim Battal vit entre son pays natal et la France, elle a « Le sentiment d’être un nouveau colosse de Rhodes, certains jours – un pied de chaque côté de la méditerranée – d’autres, la sensation d’avoir le cul qui s’érode entre deux chaises ». Elle cherche à transmettre ses origines, les drames que vit le continent africain qu’elle évoque à travers les migrants qui s’entassent sur les rives de la Méditerranée avec l’espoir d’un jour trouver vie meilleure au-delà de la mer.

« Être à Tanger : tourner le dos aux hommes bafoués

Aux femmes blafardes

Aux enfants qui dorment le jour

Dans les bras de femmes bafouées

Aux enfants qui ont pour jouets des seringues d’éther

… »

L’Afrique qu’elle montre c’est celle des pauvres qui sont devenus spectacle pour les fortunés qui pensent soulager leur bonne conscience en leur offrant des babioles.

 « Madame : regarde-nous moins, nous en serons plus beaux et plus heureux encore. »

Rim a aussi ses icônes, comme Melania (Trump) donnée au monstre par le couple Obama le jour du sacre, « C’est le sacre du pire », « Ils la conduisent/ ils la livrent /Belle à l’abattoir ». Melania pourrait soulager la misère mais elle est condamnée à l’inaction, « Elle a cinq langues dans la bouche : aucune ne remue ». métaphore pour évoquer tous ceux qui voudraient agir mais ne le peuvent.

Rim mène un combat pour « Résister à la tentation de l’Europe et de l’Afrique qui s’enfantent l’une l’autre inlassablement », afin de conserver sa double culture et de ne pas perdre de vue ceux qui ne peuvent pas sortir de leur misère. Elle écrit son texte comme elle voit son pays d’origine dans une grande pauvreté mais dans une tout aussi grande dignité. Elle est pauvre de mots comme les Africains sont pauvres de tout mais elle les choisit avec beaucoup de rigueur, les sélectionnant pour qu’ils disent le mieux et le plus avec une grande économie. Son texte, quelques mots dispersés mais très explicites, a la noble beauté des peuples premiers à la noblesse altière mais, vers la fin, il se déchire en éclats qui se dispersent sur la page comme les migrants qui courent en tout sens pour fuir le malheur.

Avec les quelques mots qu’elle a choisis, Rim raconte en quelques vers éclatés ses origines, le continent africain en grande souffrance, l’exil, la femme toujours première victime, l’enfant à venir mais aussi l’amour comme dernier espoir, la poésie comme certitude.

« Plus rien ne nous fera douter de ce poème ». Jamais nous ne douterons du talent de Rim, toujours nous écouterons son message.

 

LansKIne

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