17 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

Quand les femmes parlent après l’amour – Thierry Radière

Incontestablement le narrateur doit-être un homme à femmes, il a dû en connaître beaucoup et parmi elles une bonne proportion de bavardes, car c’est près d’une trentaine de confidences qu’il a recueillies après les ébats qu’il a partagés avec elles, et qu’il livre dans ce recueil sous forme de « monologues ». Ces « monologues » sont comme des petites nouvelles orales racontées par chacune de ces femmes au narrateur qui les a livrées dans ce recueil. Elles racontent un moment de leur vie à ces partenaires d’un soir, de quelques jours ou de beaucoup plus longtemps… l’amour c’est difficile à en prévoir la durée. Quand les corps sont repus, saturés de plaisir, quand une douce langueur et une tendre mollesse alourdissent les membres et les organes, l’esprit se sent plus léger, plus disponible pour des confidences qu’il tairait en d’autres circonstances.

C’est alors qu’elles ont ouvert la porte sur leur intimité corporelle, qu’elle se sont laissé aller à des ébats érotiques, qu’elles ont laissé tomber le masque, franchissant les barrières d’une éventuelle retenue, qu’elles ont laissé leur corps s’exprimer, qu’elles éprouvent un instant de sérénité propice aux confidences. Alors, elles racontent leur mari, leurs autres partenaires, les déboires qu’elles ont connu dans divers domaines, leurs complexes, leurs kilos, leurs rêves, leurs fantasmes, leurs tracas quotidiens, leurs passions, leurs lectures, leurs carrières, leurs ambitions, … tout ce qu’une femme peut vivre, penser, désirer, redouter, affronter… Il semble qu’il n’y ait pas de tabous. Comme si ces femmes avaient besoins de deux oreilles pour les entendre, comme si ces confidences étaient une prolongation des étreintes qu’elles viennent de connaître. « C’est fou comme le plaisir après l’amour continue à avoir des effets dans des parties de nous-mêmes qu’on était loin de soupçonner avant d’y avoir goûté, tu ne trouves pas ? », dit- l’une d’elles.

Thierry Radière, est un spécialiste de cette littérature de l’intimité et des petites choses qui construisent nos vies sans qu’on s’en doute toujours. Il sait écouter les autres, les corps et les cœurs, les ventres et les âmes, et ainsi il comprend, il comprend ce que ces femmes ressentent, il sait ce qu’elles pourraient avoir besoin de confier dans le lit de l’intimité, ce qui prolongerait leur plaisir car elles se sauraient écoutées.

Non seulement Thierry Radière sait écouter, il sait aussi transcrire ce qu’il ressent dans une prose pleine finesse et de délicatesse, sur le ton de la confidence, sans jamais donner l’impression de trahir ces femmes qu’il a si bien comprises. Il transmet seulement le message qu’elle on essayé de faire passer dans ce moment de douce quiétude ou la complicité n’est pas encore éteinte.

« A coup de mots, nos sexes garderont leurs jeunesses et nos corps seront des livres que toi et moi auront toujours plaisir à lire. » Comme il doit être beau et doux ce moment où une femme dit de tels mots après l’amour ! J’espère que l’auteur les a entendus plus d’une fois !

Zonaires éditions

2.5.0.0

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