05 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

Etats d’âme – Iocasta Huppen

Iocasta Huppen s’est, jusqu’à présent, surtout fait connaître comme haijin, auteure de haïkus, art où elle excelle particulièrement, j’ai eu l’occasion de lire son dernier recueil, 130 haïkus à entendre, sentir et goûter, édité chez Bleu d’encre, il est tout à fait remarquable. Il a été écrit, d’après ce que je crois après le présent recueil qui comporte sur tout de la poésie et quelques phrases poétiques. L’inspiration ne semble pas avoir beaucoup changé d’un recueil à l’autre, on y trouve la même fraîcheur, la même délicatesse, la même sensibilité, la même spontanéité et le même optimisme.

« Ne sois pas triste

Sinon je le saurai

Et je le deviendrai aussi ! »

Iocasta est née en Roumanie, je ne sais pas si elle a connu l’ère communiste mais elle semble avoir conservé un bon souvenir de son enfance du côté de la fameuse Iasi si bien connue des cruciverbistes.

« Dans mes souvenirs

de la Roumanie communiste

il y a la liberté

d’une enfance heureuse. »

Elle a structuré son recueil comme sa vie en commençant par l’enfance là-bas au pays, elle évoque ensuite l’amour qui l’a amarrée en Belgique où elle a atteint la maturité et l’âge de se poser des questions sur l’existence, sur l’engagement et sur ce qui s’est passé avant en Roumanie. Elle cherche souvent l’inspiration dans la nature qui semble être le refuge où elle aime se ressourcer, trouver la paix, en regardant les arbres, les fleurs, les paysages, …, en écoutant les oiseaux, les insectes, …, et s’enivrant des odeurs qui l’envahissent à chaque changement de saison. La nature qui lui a enseigné la sagesse qu’elle traduit dans ses vers aussi libres que la vie qu’elle cherche à mener.

« ne marcher pas trop lourdement

sur les maisons, les arbres,

les soleils et les princesses

 que vos enfants ont dessinés dans la rue. »

Dans l’excellent poème Nommer le monde, elle donne une véritable leçon de sagesse et d’optimisme dont je ne peux révéler que la dernière strophe vous laissant le soin de découvrir le reste lors de votre prochaine lecture.

« Alors, optimiste comme pessimiste,

essayons de ne pas voler le jeu des enfants,

essayons de ne pas voler les saisons

essayons de nommer le monde, monde. »

Et, pour conclure, j’aimerais vous laisser cette dernière strophe qui me concerne un peu, merci Iocasta :

« Les vieux arbres sont fragiles

Approchez-vous d’eux avec amour,

Ils savent si bien raconter des histoires. »

Je n’ajouterai rien si ce n’est que j’aimerais tellement savoir raconter de belles histoires.

L’Harmattan

2.5.0.0

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