18 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

Un été immobile – Claude Donnay

Jésus – en réalité il s’appelle Noël car, comme tous les Noël, il est né la nuit du Réveillon mais sa mère l’a toujours appelé mon petit jésus, alors Jésus il est resté pour la famille et les amis – a promis un roman à son éditeur et pour l’écrire en toute quiétude, il s’est réfugié dans une chambre louée chez Mireille la libraire-pensionnaire d’Ambleteuse, petite ville de la Côte d’Opale.  Jésus-Noël n’a pas beaucoup d’inspiration, il se balade dans les dunes d’où, un beau matin, il aperçoit un bonnet blanc qui nage vigoureusement dans la mer fraîche du mois d’août. Chaque matin, le rituel se renouvelle, il s’installe dans les dunes pour admirer la nage puissante de la belle ondine au bonnet blanc. Celle-ci finit par remarquer le parka orange qui tache tous les matins la blonde dune et, un beau jour, elle décide de s’installer prêt du mystérieux voyeur.  Alors naît une relation très timide entre la trentenaire et son admirateur un peu plus âgé, une relation comme celle qui rapproche deux adolescents frileux, une relation pudique ou plutôt une relation qu’ils n’osent pas développer de crainte de faire renaître quelque chose qui les aurait fait souffrir dans le passé.

L’histoire baigne alors dans le doux romantisme qui rapproche timidement la nageuse et l’écrivain mais bien vite ce roman d’amour vire au thriller. La belle a disparu sans laisser le moindre indice sauf cinq carnets intimes écrits par la mère d’Amelle, la belle nageuse, cinq carnets comme un chemin de croix que cette femme dû parcourir sous la férule brutale de son mari et de sa belle-famille. Jésus avec sa logeuse, décide de partir à la recherche d’Amelle en suivant les quelques indices qu’ils ont pu recueillir. Ainsi, il débarque quelques jours plus tard en Auvergne où Amelle est retenue par un pervers avec qui elle partage plus ou moins volontairement des parties fines très chaudes. Le thriller conduit l’écrivain et sa logeuse au cœur du passé de la belle nageuse, au tréfond d’une histoire sordide dont il voudrait l’extirper. Le roman d’amour romantique et tendre devient alors une histoire d’un érotisme brûlant les chairs des acteurs. Certains ne peuvent vivre sans les sensations extrêmes qu’ils cherchent à satisfaire.

Ce roman est aussi pour l’auteur l’occasion de régler quelques comptes avec l’aristocratie bourgeoise de Belgique Wallonie qui détruit beaucoup de vie dont celles d’Amelle et de sa mère, pour pouvoir toujours et encore pavaner la tête haute quelles soient les circonstances. On nait dans cette caste, on ne l’intègre pas ! Mais cette histoire montre que rien n’est jamais acquis, tout peut arriver : les miracles comme les pires tracas. L’amour ne se décrète pas, il embrase les cœurs et les corps sans prévenir et il faut pour qu’il vive, le laisser aller au bout de son chemin.

C’’est un livre d’amour à la fois d’une douce poésie et d’un érotisme brûlant que livre le poète Claude Donnay qui a laissé sa plume se souvenir des nombreux vers qu’elle a déjà écrits, préférant abandonner quelques pieds de plus à sa phrase plutôt que d’éluder une jolie tournure poétique. Livre d’amour romantique et érotique, sans aucune pornographie ni aucune description mal venue, satire sociale acidulée d’une touche de morale, et une bonne ration de poésie qui se niche au creux des descriptions des paysages, des portraits et de quelques dialogues et réflexions. Un second roman qui en appelle d’autres…

M.E.O

2.5.0.0
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