30 juin 2018 ~ 0 Commentaire

Le poids de la neige – Christian Guay-Poliquin

Avec ce roman Christian Guay-Poliquin me ramène loin en arrière dans le temps, à tous les romans d’aventure dans les grands espaces gelés du Grand Nord que j’ai lus quand j’étais enfant ou ado. J’ai retrouvé l’atmosphère écrasant, l’angoisse palpitante, les paysages ensevelis, les hommes rudes et persévérants, décrits par Louis Hémon, Jack London et tous ceux qui ont raconté les histoires de trappeurs qui me passionnaient particulièrement sans oublier tous ceux qui ont narré les expéditions dantesques dans ces zones particulièrement inhospitalières : Christoph Ramsmayr avec dans « Les effrois de la glace et les ténèbres » racontant l’expédition autrichienne dans la région du pôle nord), Andrea Barrett avec « Le voyage du Narwahl » ce navire cherchant un passage par le nord entre les océans ou d’autres explorations toutes aussi téméraires et dangereuses.

La présente histoire se déroule dans le grand nord canadien pendant une tempête de neige particulièrement abondante qui dure, dure, … jusqu’à ensevelir toute trace vie, provoquant même une panne d’électricité générale qui paralyse les villes et les villages. C’est au début de cette tempête qu’un jeune homme revient au pays où il est victime d‘un accident de la route qui le prive de l’usage de ces jambes. Le croyant promis à une mort rapide, les habitants du village le confie à une personne déjà âgée réfugiée dans une maison abandonnée, isolée loin des autres habitations, contre la promesse de lui réserver une place dans le prochain convoi en partance pour la ville. Mais la tempête ne cesse pas, seuls une poignée d’habitants visitent les deux ermites des neiges. Commence alors un long huis clos au cours duquel les deux hommes, tour à tour, unissent leurs efforts pour lutter contre les éléments et survivre jusqu’à la fonte des neiges ou se heurtent violemment ou sournoisement pour filer seul au détriment de celui qui restera sur place enseveli sous la neige.

A travers des chapitres très courts, l’auteur peint des tableaux angoissants démontrant la dépense d’énergie, la débrouillardise, l’inventivité, la volonté de survivre des deux réfugiés ne recevant que des nouvelles désespérantes concernant l’étiolement de la vie au village et les tentatives de fuites de ceux qui en ont les moyens. C’est une lutte permanente entre la solidarité, la nécessité de s’unir pour survivre, et l’individualisme, la possibilité pour l’un des deux de s’échapper en emportant les vivres. Au début le vieux laisserait bien le jeune avec son invalidité mais après un longue convalescence le jeune pourrait renverser la situation. C’est aussi un combat de tous les jours pour ne pas perdre l’espoir et toujours lutter malgré les crises de désespoir. « Nous sommes dans le ventre de l’hiver, dans ses entrailles. Et, dans cette obscurité chaude, nous savons qu’on ne peut jamais fuir ce qui nous échoit. »

Une leçon de courage, de persévérance, de solidarité, d’entre aide pour accepter la fatalité et lutter ensemble contre les éléments même si la nature est toujours plus forte que les hommes.

Les éditions de l’Observatoire

2.5.0.0
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