14 juin 2018 ~ 0 Commentaire

La fille de mon meilleur ami – Yves Ravey

Lors du dernier Salon du livre de Paris, j’ai voulu profiter de la présence d’Yves Ravey pour le faire enfin figurer parmi les auteurs dont j’ai lu au moins un livre. Je savais qu’il était comme moi bisontin mais j’ai découvert que nous avons été voisin pendant quelques années bien lointaines maintenant. C’est donc avec un plaisir redoublé que j’ai acquis ce livre que je commente aujourd’hui.

C’est un petit roman composé de chapitres souvent courts, écrits avec des phrases elles aussi courtes, un roman qui va à l’essentiel qui ne se noie jamais dans des détails inutiles ou des digressions ennuyeuses. L’auteur emprunte les chemins littéraires les plus courts, avec des phrases précises nourries d’un vocabulaire très choisi, pour dénouer une intrique plutôt tortueuse.

Elle raconte les aventures de William, un homme d’âge mûr qui a promis à son meilleur ami alors qu’il est mourant sur son lit d’hôpital, de veiller sur sa fille, Mathilde, à la santé fragile, elle a déjà séjourné dans un établissement spécialisé. Mais Mathilde finit par entraîner William dans un expédition pour rencontrer son fils dont la garde exclusive a été confiée à son mari remarié dans la région parisienne. La nouvelle épouse s’est attachée à l’enfant, elle se comporte comme sa mère et ne voudrait surtout pas qu’on lui retire cet enfant qu’elle considère comme le sien.

Mathilde et William ont en commun un certain laxisme à l’endroit de l’honnêteté, ils laissent facilement traîner les doigts  dans les rayons des magasins, ils sont tous les deux capables d’inventer les pires histoires pour justifier leurs minables carambouilles. William en invente une à dormir debout pour convaincre la nouvelle mère de l’enfant de laisser sa mère génétique avec lui pendant un petit moment au moins mais, en même temps, il constate qu’il peut exploiter les activités du mari pour renflouer son patron qu’il a spolié sans vergogne aucune. Mathilde ne reste pas inactive pendant qu’elle attend le résultat des négociations avec la famille de son fils, elle aussi a trouvé un moyen de gagner quelques sous. Ils se retrouvent ainsi avec un wagon de mensonges à gérer entre eux et avec tous ceux qui les entourent.

Une intrigue courte mais bien remplie, la vertu n’y est pas encensée, c’est le hasard qui finira peut-être par conclure cet enchevêtrement de combines ou alors c’est une leçon de morale que l’auteur adresse à tous les malfrats pour leur montrer qu’un jour ou l’autre ils finiront par se prendre les pieds dans le tapis qu’ils ont eux-mêmes mal étiré.

Les Editions de Minuit

2.5.0.0

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