27 mars 2018 ~ 0 Commentaire

Petites méchancetés sans grandes conséquences – Marc Menu

Lors du dernier Salon de l’autre livre, en feuilletant cet ouvrage, je pensais tenir en mains un recueil de textes courts comme j’en lis assez souvent mais à sa lecture, j’ai, tout d’abord, vu sur la couverture que l’auteur précisait qu’il s’agissait de nouvelles. J’en fut bien convaincu après la lecture de quelques textes seulement car chacun d’entre eux se termine par une chute toujours adroitement amenée après la description d’une situation bien définie sans aucune digression superflue.

Une page, quelques phrases, une seule parfois, quelques mots même suffisent à Marc Menu pour camper une situation dramatique, tragique même, cocasse, hilarante, insolite ou encore cynique…, pour écrire une histoire comme celle-ci, peut-être la plus courte du recueil, alors je vous la montre : « Deux vieilles dames se disputaient un souvenir. C’est la mort qui l’emporta. » Tout est dit est la conclusion est claire même si elle est un peu radicale.

Ainsi, ce que l’auteur appelle « petites méchancetés » est souvent un trait d’humour noir :

« Le bourreau leva bien haut sa hache. Elle s’abattit dans un silence de mort.

Et parmi la foule qui assistait à la décollation, il y eut ce jour-là plus d’une jouvencelle à qui le bel exécuteur fit perdre la tête. »

 Une pensée bien cynique :

« … Vous me tendez une main éplorée… Me voilà sur le point de devenir votre sauveur.

Et puis non. Après tout, des comme vous, il y en a plein. »

Une petite cruauté :

« Vivre avec un chanteur d’opéra, c’est décidément au-dessus de mes forces, soupira la dame. Et d’ailleurs, je n’ai jamais aimé Rigoletto.

Et elle remit au policier le pistolet encore chaud. »

Une bonne grosse « vacherie » comme on dit chez nous :

« … Dès que j’ai franchi les portes de l’asile – … – je me suis senti revivre. Il ne me restait plus qu’à continuer à faire semblant. Assez longtemps pour qu’au dehors, ma femme se trouve un autre pauvre type à emmerder. »

Ou même une petite histoire un brin polissonne :

« Elle venait faire la chambre. S’est excusée, confuse, en le trouvant encore là. Il a très vite su la mettre à l’aise. Tellement à l’aise, même, que les autres chambres ont attendu … attendu … »

Dans tous les cas un trait d’esprit, une fulgurance, qui ne mérite même pas le nom de méchanceté, juste une petite espièglerie qui justifierait ce que la dame inflige à ce Monsieur trop entreprenant :

« … Et puis la musique a marqué un temps d’arrêt. Du coup on a bien entendu quand il se l’est prise. La gifle. »

2.5.0.0
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