07 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

L’autre côté de la mer – Arnold Couchard

Evelyne et William, un couple de commerçants belges aisés, ressentent les premiers symptômes de l’usure de leur mariage, Evelyne a déjà écorné le contrat matrimonial. Alors, pour tenter de ressouder leur union, ils décident de prendre une semaine de vacances à Corfou. Arrivé sur l’île, William s’ennuie vite, la bronzette au bord de la piscine ce n’est pas franchement son truc, alors quand il rencontre un vieux pochtron, il se laisse aller à son petit penchant pour l’alcool tout en reluquant une très jolie femme qu’il pense encore pouvoir séduire. Mais, avec une grande surprise, il découvre que celle-ci n’est autre que la conjointe de l’huissier qui lui a récemment pourri la vie dans ses affaires.

Ayant lu la bibliographie de l’auteur et ayant remarqué qu’il a traduit plusieurs titres de Barbara Cartland, j’ai vite pensé que j’étais embarqué dans un roman sentimental comme il s’en vend des millions tous les ans. Mais patatras ! Après quelques chapitres, tout s’écroule très vite, ma théorie comme l’insouciance  et la quiétude dans laquelle le play boy sur le retour s’était un peu trop vite installé. Son fils et ses potes disparaissent une première fois sans qu’il participe à leur recherche, puis une seconde fois mais cet événement est beaucoup plus tragique, il manque un gamin à l’appel quand les autres réapparaissent. William n’est pas plus présent lors de ce drame que lors de la première disparition. Brusquement il se trouve enfermé dans une nasse, son absence et beaucoup d’autres indices l’accablent, quand on découvre le corps du gamin manquant à l’appel tout le désigne comme un coupable idéal. Il ne comprend pas la machinerie dont il est la victime, il ne voit pas qui peut lui en vouloir et pour quelles raisons. Il en vient à soupçonner tout le monde comme tout le monde le soupçonne. Il ne sait même pas se défendre, il confie son sort au Capitaine, le pochtron qu’il accompagne pour vider ses bouteilles.

Le roman sentimental bascule vite dans le roman noir, les écarts amoureux s’imbriquent dans les arcanes du crime, les protagonistes deviennent des accusateurs, des victimes, des coupables potentiels, des justiciers, …, chacun se fond dans un rôle qui correspond à la situation qu’il avait dans la vie quotidienne avant les événements tragiques. Certes, Ce roman comporte une morale, celui qui pêche risque toujours une punition quelle qu’en soit la forme. Mais, je pense qu’avant tout c’est une réflexion sur la jeunesse qui s’en va, le mariage qui s’use, les dettes qu’il faut bien finir par régler quelle que soit leur nature, le passé qu’il faut solder comme l’avenir qu’il faut affronter. Arnold Couchard réussit à mettre tout ça dans un roman original qui mixe le récit sentimental et l’intrigue du thriller et pose in fine la question capitale : qu’est-ce que la vérité  et qui peut la faire respecter ?

2.5.0.0
2.5.0.0

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