22 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

Aphorismes et paradoxes – Nicolas Bonnal

Avant de lire ce recueil, je ne connaissais absolument pas Nicolas Bonnal, l’opinion que je pourrais m’en faire n’est donc que ce qui découlerait de cette lecture. Je sais seulement, par la notice de l’éditeur, qu’il a touché à bien des genres littéraires et qu’il a été un « chroniqueur métapolitique internationalement reconnu ». Après ma lecture je conserve l’impression qu’il a jeté dans ce recueil  des réflexions qu’il a accumulées au cours de ses longues analyses, de ses cogitations, de ses constatations, qu’il n’a jamais écrites dans ses divers textes, trouvant seulement dans le court le média adéquat pour exprimer la dérision, la satire, le désabusement, parfois le découragement et même certaines fois le dégoût qu’il éprouve devant le triste spectacle de la déliquescence de notre société.

« Nous sommes emplis de bonne volonté, comme nos poubelles ».

« Le vingtième siècle fut un siècle d’invention de grands hommes un peu creux ».

« La facilité a détruit le monde plus sûrement que la cruauté».

Il peint une société décadente qui aurait perdu son chemin en oubliant son histoire, son devenir en oubliant son passé, ses valeurs en recherchant la valeur des choses.

« Pour certains l’histoire n’a pas commencé. Ils vivent dans l’espace, jamais dans le temps… »

« Les abbés bâtissaient, ils ne passaient pas de doctorat en psychologie ».

Ils ont omis de tirer les enseignements des déboires connus tout au long des siècles précédents.

« La politique comptait quand elle exigeait beaucoup et donnait peu. Elle s’est déconsidérée en donnant beaucoup et demandant peu ».

« Le fascisme comme le communisme disparurent comme un mauvais rêve, personne ne se décidant à demander de comptes ».

Bonnal décoche ses flèches acérées à l’endroit de la société mais il vise aussi l’individu en tant que tel, en tant qu’élément interchangeable dans un tout uniforme, en tant que consommateur asservi.

« Changer de face, de fesses, de métier, de conjoint, de villa : leur vie est bureau de change.».

« Tous les garçons et les filles ont été remplacés par les jeunes ».

Le monde est devenu une masse informe, standardisée, prête à accepter tous les dictats des pouvoirs économiques, politiques ou religieux.

« On aimerait parfois que le mal triomphe, et pas seulement la médiocrité. »

J’ai eu l’impression que l’auteur voudrait voir les citoyens se rebeller, se rebiffer et s’approprier les questions qui devraient préoccuper la planète entière.

 « La fin du monde : occupation de nanti, souci de pauvre ».

Mais voilà, la France n’est qu’un pays de contestataires isolés incapables de se structurer pour atteindre un objectif commun.

 « La monarchie est judaïque ou japonaise, la démocratie grecque ou britannique, la république romaine ou américaine. Le désordre est français ou latino-américain ».

Les aphorismes et paradoxes de Nicolas Bonnat prennent souvent la forme de sentences, j’en ai relevée qui pourraient prêter à discussion :

 « La dictature craint ses sujets, la démocratie les méprise », les dernières campagnes électorales pourraient bien confirmer celle-ci.

« De l’amie médiévale à la conquête amoureuse, et d’icelle au bon coup », une autre façon de dire que la vulgarité est devenue l’expression chevaleresque de notre société.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur les sentences de Nicolas Bonnal, beaucoup à gloser, à débattre, à combattre peut-être. Mais, ce livre n’est pas que critiques et satires acides, l’auteur y fait preuve aussi de beaucoup d’humour même si c’est souvent d’humour acide.

« J’ai plus connu de mauvais auteurs que de bons lecteurs ». Bonnal n’est pas un mauvais auteur, je ne suis pas sûr d’être un très bon lecteur ?

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