30 juin 2017 ~ 0 Commentaire

Sexe primé – Stella Tanagra

Stella Tanagra est un personnage à part dans la littérature érotique, elle ne vend pas, comme de trop nombreux auteurs, une soupe réchauffée aux fantasmes libidineux de tous les pervers de la planète, elle écrit dans des textes « aussi roses que noirs » oscillant entre érotisme et crudité, les pulsions qui dépassent la raison emportant tout sur leurs déferlantes. « Du fantasme indicible au passage à l’acte, Sexe primé déflore les convenances ». . Selon un biographe de la Toile, « C’est sa différence qui a modelé Stella TANAGRA telle qu’elle est : étrangère à toutes les convenances et conventions ». « Oser « être » sans « devoir paraître » est une ligne d’écriture profondément ancrée en elle, telle une scarification sur sa peau… »

Stella Tanagra fait dire à l’un de ses personnages : « L’ailleurs et l’autrement m’intriguent : ailleurs qu’en mes tréfonds, autrement qu’en ma façon ». « Alors, sans sortir de moi, j’ai convié mes fantasmes à me rejoindre ». Cette attitude pourrait parfaitement s’appliquer à l’auteure des nouvelles présentées dans ce recueil tant elle a dû puiser aux plus profond de son animalité pour faire sourdre les fantasmes les plus violents, les plus bestiaux, qu’elle étale dans ses textes. Il faut aller très loin au fond de sa sexualité pour évoquer des fantasmes aussi sordides que la nécromancie, la pulsion du tueur en série. Heureusement tous les textes ne sont pas aussi violents, d’autres, tout en restant transgressifs, évoquent une sexualité beaucoup plus raffinée même si elle déborde largement des convenances habituelles : l’histoire du vieillard qui retrouve son amour d’enfance dans sa dégénérescence sénile, la recherche du plaisir avec un, ou des, inconnu, le plaisir de voir sa conjointe en prendre avec un autre… Quelques textes évoquent aussi la difficulté de la condition humaine : le manque d’amour générant la frustration sexuelle, et, à l’extrême, les fantasmes sexuels de la seule survivante de l’apocalypse. Mais, le texte que j’ai préféré reste celui qui décrit avec beaucoup de poésie une relation encanaillée entre deux gastéropodes.

Stella Tanagra, dans un précédent ouvrage, « Sexe cité », avait bien réussi à exciter le microcosme littéraire par son audace, sa crudité et sa propension à  transgresser toutes les normes de la bonne société. Cette fois avec ce « Sexe primé », j’ai eu l’impression qu’au-delà du malin plaisir qu’elle prend à bousculer tous les tabous entravant la vie sexuelle, elle s’est livrée à un véritable exercice littéraire, réussissant à exprimer les choses les plus abjectes avec une certaine élégance littéraire, avec une belle écriture plus policée que polissonne, académique, fluide, riche… Même si le texte peut rebuter, il ne dit que des choses que l’on connait, alors que l’écriture de Stella Tanagra peut être, pour certains comme moi qui n’ont jamais croisé ses écrits, une vraie découverte. Pourquoi s’exciter quand on sait si bien s’exprimer ?

Laisser un commentaire

An Other Fake Artist |
Nouvelleshorrifiques |
Twexter |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | FUYONS, LISONS !
| Taqbaylitiw
| Debauchesetperversions