23 mai 2017 ~ 0 Commentaire

Streets (Loufoqueries citadines) – Eric Dejaeger

Dans ce recueil Eric Dejaeger nous invite à parcourir les rues d’une ville imaginaire, quatre-vingt-dix-neuf rues qu’il décrit chacune à travers un poème qui donne le sens du nom de chacune. Il nous convie à traverser sa ville comme on traverse sa vie, en rencontrant mille aléas. Le poète, même s’il a mis un peu d’eau dans son vitriol, conserve un regard perçant sur tout ce qui l’entoure car :

Dans la Rue

des Etoiles Filantes

Il ne faut pas marcher

le nez en l’air…

Et si on ne marche pas le nez en l’air, on peut faire de drôles de rencontres, on peut même se rencontrer soi-même.

On a constamment

l’impression

d’avancer

à la rencontre

de soi-même…

Les réflexions du poète sont souvent drôles, parfois surréalistes, souvent très pertinentes, quelquefois sarcastiques mais toujours très justes. Et dans certains poèmes, il laisse même sourdre un certains sarcasme à propos des philosophes et ses poètes qui ne font pas toujours honneur à leur art.

La rue des Philosophes

est l’une des moins

fréquentées

mais des plus

encombrées.

 

La Rue du Poète Classique

est perpendiculaire

en son milieu avec

la rue du Poète libéré.

Un petit clin d’œil au surréalisme dont Eric est, comme chacun le sait, l’un des grands prêtres.

La Rue du Surréalisme

commence quelque part

& finit

On ne sait où.

Un signe de complicité aux épicuriens

La Rue de la Soif

est la plus courte

de la ville

mais elle paraît

excessivement longue

à certains.

Et un bon coup de pied aux fesses des politiciens qui embrouillent trop souvent la vie des poètes et des philosophes.

Il est assez dangereux

de s’aventurer

dans la Rue des Politiciens :

il faut éviter

les coups de langues de bois

les jets de pot-de-vin

les rafales de fausses promesses

& autres armes

De destruction massive

De la démocratie.

Un recueil drôle, inventif, impertinent, même si l l’auteur y fait preuve de moins de virulence que dans des textes précédents, tout est plus doux, plus insidieux peut-être ? Une rupture ? Plus certainement un écart temporaire, un détour, une pause rafraîchissante… au final un bon moment de lecture en harmonie avec les douces journées de printemps qui ont accueilli cette publication.

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