23 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

Contes de la poésie ordinaire – Eric Dejaeger

Poursuivant mon exploration de l’œuvre d’Eric Dejaeger, j’ai découvert ce recueil de textes courts, publié aux Editions Memor en 2005, qui évoque évidemment Bukowski et ses « Comtes de la folie ordinaire », un auteur qui fait partie, selon sa notice bibliographique, du panthéon littéraire de l’auteur, comme Jacques Sternberg à qui il dédie l’un de ses textes et Richard Brautigan qu’il évoque dans un autre. Dans ce recueil Eric Dejaeger fait plume plus douce qu’habituellement, il n’a pas trempé celle-ci, comme très souvent, dans le vinaigre, il s’est contenté d’un filet de citron pour éviter la platitude et la mièvrerie. Ce recueil est plein de tendresse et de poésie, Il évoque souvent le ciel et ses habitants, les nuages, les petits oiseaux. Mais si le vinaigre est ménagé, le coup de griffe est toujours latent, l’auteur n’a rien perdu de l’acuité de son regard, il dénonce, certes avec une certaine retenue, mais toujours avec justesse et perspicacité les petits travers de notre société et les gros défauts de certains. Mais, comme la poésie est à l’ordre du jour, ce texte est avant tout une hymne à la poésie qui nous entoure et que nous ne savons pas apprécier. Mais, la poésie ne désigne pas la même chose pour tout le monde et l’auteur nous le fait comprendre très explicitement dans son dernier texte :

«      - Sens-tu la poésie qui sourd de cette toile ?

-          Tu as écouté ce concerto ? De la poésie pure !

-          Ce film ! De la poésie comme on n’en voit plus !

-          As-tu ressenti toute la poésie de cette BD ?

-          Cette sculpture est une déflagration de poésie brute !

-          Ce graffiti ? un poème bombé !

-          Ce roman suinte la poésie de chacun de ses mots !

-          Un big bang de poésie, ce solo de saxo !

-          Ton dernier poème ? Une merde ! Désolé, Eric… »

Eric, on a bien compris que tu estimes que le mot poésie est largement galvaudé, qu’il ne pouvait concerner que de la poésie « ordinaire » et que ton texte ne pouvait pas être apprécié à l’aune de ceux qui voient de la poésie partout parce qu’ils ne savent pas ce qu’est la poésie, la vraie, celle qui fait vibrer les sens et chavirer le cœur. La poésie ne se définit pas, elle se ressent, et, pour bien comprendre ce recueil, nous nous fierons à ce que tu as écrit «l’auteur  estime qu’avec un titre aussi beau, l’imagination de ses lecteurs pouvait faire le reste ». Nous avons donc imaginé avec l’aide des trente illustrations (l’éditeur les a comptées) de Joaquim Hock insérées dans le texte, des dessins naïfs plein de poésie, de la vraie poésie évidemment, celle qu’Eric aime et écrit.

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