25 octobre 2016 ~ 0 Commentaire

Fable d’amour – Antonio Moresco

Fable d’amour est un roman d’amour écrit comme une fable, une fable des temps contemporains : un crapaud/clochard, à la limite entre le règne animal et le règne végétal, est un  jour réveillé par une princesse/pin up qui le conduit chez elle pour le récurer à fond et l’habiller décemment. Sortant de sa gangue de crasse, débarrassé de ses hôtes indésirables, le vieil homme émerge peu à peu de sa léthargie végétale pour rejoindre le genre humain. Arrivé à ce stade, il tombe follement amoureux de la belle qui a tout fait pour le séduire, mais le mirage ne dure pas longtemps, conquise par un bellâtre, la belle éconduit le pauvre ère qui retourne à son trottoir, à ses cartons, au froid, à l’humidité, à la nourriture tirée des poubelles. Faisant alors son autocritique, il ne comprend pas comment il a pu se laisser embrouiller, lui qui a déjà quitté le monde immonde une première fois.

Alertée par le pigeon, sorte d’Esprit Saint qui veille sur le sort du clochard, la belle comprend la folie et la méchanceté de son geste et part à la recherche de son amoureux éconduit qu’elle retrouve au pays des morts car comme dans toutes les fables tout est possible. Antonio Moresco a choisi la fable car elle permet d’étendre le désormais trop célèbre champ des possibles, elle rappelle «  que l’impossible  et l’inattendu peuvent encore faire irruption dans le possible et dans la vie. »

L’auteur, dans une note placée en postface, précise qu’il a écrit ce texte très rapidement alors qu’il était occupé à la rédaction d’un ouvrage fleuve. Il a laissé libre court à son imagination pour raconter une histoire d’amour, comme il en existe dans de nombreuses fables, en adaptant les personnages à notre époque où les miséreux sont de plus en plus nombreux sur les trottoirs et où il serait bon que les plus nantis se penchent un peu plus souvent sur eux. Dans ce sens ce texte est une leçon de morale pour les plus avantagés, une réaction contre l’injustice qui frappe les plus démunis et une invitation à manifester plus de compassion envers ses gueux des temps modernes.

C’est aussi un message d’espoir car il faut toujours croire que le plus improbable est possible, que le Capitole est toujours aussi près de la Roche tarpéienne, qu’on peut toujours passer du royaume des riches à celui des pauvres et vice versa. « Il est tout aussi facile de passer de la vie à la mort que la mort à la vie, même si les vivants ne le savent pas. Même s’ils ne savent pas que le monde des vivants est empli de morts : ils ne peuvent pas le savoir parce qu’ils sont morts. » Les vivants de la fable peuvent-être les riches et les pauvres les morts. Une réflexion sur la vie et la mort, la richesse et la pauvreté et sur la minceur de la cloison qui sépare ces divers états.

L’auteur laisse aussi percer une certaine lassitude à voir ses contemporains se débattre comme des diables pour tout simplement s’aimer les uns les autres. « Que c’est dur toute cette douleur des vivants et aussi des morts, tous ces gens qui se cherchent et ne se trouvent pas. Que c’est dur tout cet amour impossible… » Comme le monde marcherait mieux si tous les amours contrariées devenaient possibles.

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