14 septembre 2016 ~ 0 Commentaire

Monsieur Jadis ou l’école du soir – Antoine Blondin

Antoine Blondin ne s’est pas contenté de faire le singe en hiver du côté de Deauville, il s’est aussi largement dépensé, pendant de nombreuses années, dans les bistrots de la rive gauche parisienne. Dans le présent récit, il raconte l’odyssée bachique qui le conduisait régulièrement du « Bar Bac » de la rue éponyme aux divers commissariats du quartier où il a passé de nombreuses heures dans ce qui n’était pas encore des cellules de dégrisement, en attendant que ses collègues de beuverie viennent le tirer des griffes des pandores pourtant bien conciliants avec ce client particulièrement fidèle.

Blondin c’est un génie de la plume, il maitrise remarquablement la langue française à laquelle il donne une saveur particulière avec la fulgurance de ses formules, la justesse et l’esprit des ses jeux de mots, calembours, aphorismes, assonances et autres jongleries littéraires. Mais, par-dessus tout, il a l’art, à partir d’événements bénins, d’inventer en de grandes envolées lyriques des légendes homériques et désopilantes. Le souffle de Verdi qui s’envolerait dans un opéra de Puccini, la puissance d’une imagination débordante, au service d’une étonnante virtuosité littéraire. La reconstitution de la bataille d’Austerlitz dans leur bistrot favori vaut au moins un escadron de chopines bien pleines.

Les bordées décrites par Blondin évoquent les années insouciantes du début des Trente Glorieuses, le jazz qui soufflait dans les cabarets de Saint-Germain-des-Prés, Juliette Gréco l’icône du quartier, et tout une bande d’écrivains : Albert Vidalie, Roger Nimier, et d’autres encore plus quelques peintres et même quelques joueurs de rugby célèbres rencontrés lors de ses passages dans le sud-ouest quand il couvrait le Tour de France, ou Outre-manche où ils assistaient à des matchs du Tournoi des cinq nations, sans oublier « les filles de néon » qui arpentaient le bitume du quartier. Un temps que les moins de … au moins un demi-siècle maintenant ne peuvent pas connaître, le temps de l’insouciance du lendemain, des bistrots accueillants leurs colonies de fidèles assoiffés.

« Jean, sers nous à boire ! »

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