29 juillet 2016 ~ 0 Commentaire

Annabel – Kathleen Winter

Début mars 1968, à Croydon Harbour, une petite ville du Labrador, Jacinta accouche d’un bébé hermaphrodite, son mari, un trappeur solitaire et rustre, décide que l’enfant sera un garçon et le chirurgien fait ce qu’il peut pour que cet enfant soit un fils « crédible ». Selon le vœu de son père, il s’appellera Wayne mais un second prénom y sera accolé, celui d’Annabel, la fille de Thomasina, l’amie de Jacinta, noyée dans un lac. Le père élève l’enfant pour qu’il devienne un homme viril mais sa nature profonde révèle une sensibilité plutôt féminine, l’enfant préfère jouer avec sa petite voisine qu’avec les garçons qui fréquentent la même école que lui. Le père supporte mal cette situation et le conflit s’instaure progressivement entre le rustre trappeur et son épouse venue de l’île plus civilisée de Terre Neuve. La puberté met vite un terme à ce conflit en révélant la part féminine du jeune homme qui devient alors réellement ambivalent sexuellement. Alors, un long chemin de croix commence pour lui, son apparence ambiguë complique sérieusement sa vie, il ne sait plus, lui-même, qui il est réellement et il doit subir le mépris et même la violence des autres. Cependant deux anges gardiens veillent sur lui : Thomasina sa première institutrice, présente lors de sa naissance, et son amie d’enfance.

A priori ce roman possédait certains arguments pour me séduire, il parle d’un sujet que je pense ne pas avoir déjà rencontré dans mes lectures : l’hermaphrodisme, et l’action se déroule dans le grand nord où mes lectures d’adolescence m’ont souvent transporté avec grand bonheur. Hélas, il m’a déçu, j’en attendais peut-être trop, je ne sais pas. C’est long, c’est lent, c’est long, c’est lent, c’est bavard… A mon sens, ce texte requérait plus d’intensité émotionnelle et plus de finesse psychologique pour évoquer l’ambivalence sexuelle du héros et l’ambiguïté permanente qui en découle. L’auteure s’est trop égarée dans des descriptions pointilleuses et minutieuses d’éléments nullement indispensables au récit. A mon avis, elle ne possède pas très bien son sujet, les passages sur la médecine paraissent parfois improbables et même invraisemblables et elle ne sait pas faire souffler le vent des grands espaces dans les pages de son texte comme le faisait London et beaucoup d‘autres. Elle n’a pas su nous enfermer au cœur de l’indécision, de l’incompréhension, de la quête de l’identité sexuelle du héros. Elle nous a mieux fait comprendre la difficulté d’accepter l’impossibilité de dire et les ravages du silence.

Un livre qui tombe en plein milieu du débat sur la définition de l’identité sexuelle et sur les conséquences qui en découlent. Peut-être aussi une position prise par l’auteure à propos de la théorie du genre : nous sommes tous plus ou moins ambivalents sexuellement et nous avons tous notre place dans la société quelque soit notre part de féminité et de masculinité.

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