28 juin 2016 ~ 0 Commentaire

78 moins 39 – Corinne Lovera Vitali

« Admettons, je suis allé à l’école à deux ans, et admettons que ça ait commencé là, à l’école, quarante et un moins deux, trente-neuf ans que je souhaite sa fête à mon père, …, la fête de mon père trente-neuf fois et lui soixante-dix-huit moins trente-neuf égalent trente-neuf, lui autant de temps sans moi pour lui fêter sa paternité qu’avec moi et mon bonne fête papa… » Et voilà réunis en un recueil des textes courts, de la poésie en prose, qui pourraient-être les trente-neuf textes que l’auteure aurait pu écrire à son père pour lui fêter la fête des pères. Des textes qui pourraient évoquer la poésie des nombres, des chiffres, des quantités, des durées, des équations. De la poésie qui pourrait tutoyer l’arithmétique, l’algèbre, les mathématiques…

Ces trente-neufs textes évoquent l’environnement de l’enfant, de l’adolescent, de l’adulte enfin à travers les préoccupations qu’une fille peut avoir au cours de sa jeune vie, des choses qu’elle a envie de confier à son père pour qu’il soit fier d’elle. D’abord des choses qui concernent la découverte du corps, puis du corps dans son environnement, la matière est très souvent évoquée, surtout l’eau. Et,  après, des textes où percent des allusions à des films, on pense à des westerns, à des chansons, on reconnait quelques paroles de Charles Trénet ou d’autres…

Une façon aussi de montrer à son père qu’elle sait écrire, qu’elle connait les arcanes du langage et qu’elle peut même le bousculer un peu en jouant avec les mots, elle aime particulièrement leur son et elle use régulièrement de l’assonance et de l’allitération poussant le jeu jusqu’à la répétition du même mots plusieurs fois dans une même phrase. Elle « triture » les mots comme un chef dans son laboratoire triture les produits nobles pour en tirer la quintessence, elle donne à goûter avec l’ouïe comme le chef donne à goûter avec les papilles.

Des textes où les allusions, les sensations, les impressions ont remplacé la narration, Corinne Lovera Vitali donne plus à ressentir qu’à lire tout simplement. Il faut lire ses textes à haute voix pour bien les goûter et voir apparaître l’univers qu’elle veut mettre en scène.

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