17 juin 2016 ~ 0 Commentaire

Nos cheveux blanchiront avec nos yeux – Thomas Vinau

Une suite de mini textes qui pourraient être des poèmes (peut-être en étaient-ce à l’origine de ce projet littéraire ?) se déroulant comme les nœuds sur la corde au bout de laquelle le voyageur semble toujours en suspension entre là et un ailleurs.

Walther veut rompre les amarres, partir, partir pour partir, peu importe où et comment, ça sera un bateau, un bateau pour le grand nord, un bateau pour pêcher dans les îles norvégiennes, un avion pour revenir à Amsterdam, un vélo pour longer le canal, un train pour Prague et … voyager pour voyager jusqu’à la pointe méridionale de l’Europe, jusqu’à Gibraltar. Prendre la route pour, comme Kerouac, quitter le port d’attache et aller ailleurs, mais pas seulement sur le bitume, dans les airs, sur le rail et sur l’eau aussi. Voyage initiatique, curatif, vital pour trouver un équilibre dans un monde qui s’altère de jour en jour. Et comme Kerouac, le voyageur revient toujours au port, au port où Sally/Pénélope l’a attendu sagement en lui tricotant un héritier, un petit d’homme, qu’il faut choyer et accompagner dans ce monde complexe où le bien et le mal cohabitent. « Il y a comme une contradiction entre toute cette vie entre mes bras et toute cette mort dans la musique. »

Un texte minimum, une écriture minimaliste mais un récit très dense, très riche qui s’appuie sur une observation très précise des petits détails qui composent notre vie. Une plongée dans le microcosme pour en assembler les miettes qui constituent le macrocosme, l’univers, dans lequel nous nous débattons et dans lequel nous devons introduire nos héritiers. Une réflexion fondée sur les petites choses de la vie pour expliquer l’homme et son devenir sur la planète qu’il habite. « Tout ça s’accommode malgré tout, dans le même tourbillon de vie et de mort, de peine et de lumière, d’os et de jouets d’enfant, qui constitue le délicat chaos de nos vies. »

Kerouac décrivait cette quête du sens et de la raison de l’existence, bout-à-bout, sur un long rouleau de papier alors que Vinau ne rédige que des petits textes composés de phrases courtes, même un peu sèches, surtout dans la première des deux parties de ce récit, avec des mots très choisis et très précis : une épure de texte comme un enchaînement de gymnastique sur une poutre.

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