15 juin 2016 ~ 0 Commentaire

Rendez-vous à Biarritz – Mary Heuze-Bern

« Trente-trois ans basculent dans l’étroit F3, il en a vu d’autres : le noir mord sur le blanc, le blanc sur les couleurs et les preuves se chevauchent, piquées au vif et à ce pan de mur que les 60 watts du palier ravivent. » Dans ce langage très original, inventif, créatif où ce qui qualifie les personnages, les lieux et les choses, est seul exprimé pour soutenir l’action et orienter la lecture, j’ai vu comme une bande annonce, la bande annonce d’un roman qui serait un polar car tous les ingrédients de ce genre littéraire sont évoqués  sans que l’intrigue ne soit jamais dévoilée.

Ce très court texte est mis en scène comme la bande annonce d’un film, policier en l’occurrence, on reçoit des images chocs en plein visage, des flashs fulgurants, du bruit, des bruitages plutôt, un peu de musique même. Tout est écrit comme pour annoncer ce qui serait dans un autre texte plus long, plus explicite, plus abouti. Les gestes, les actions, priment sur les personnages qui restent très fugitifs, chaque chose, ou personnage, est juste esquissée  à travers ses attributs. Un texte choc, imagé, coloré, dynamique, pour créer une ambiance, pour générer des sensations, pour suggérer des impressions.

Comme dans une bande annonce, on ne connait pas réellement le problème, on sait seulement qu’il se passe quelque chose de violent, de mystérieux, qu’il faut que quelqu’un intervienne à Biarritz (s) pour rétablir l’ordre qui apparait bien chamboulé. On ne connait pas l’intrigue, on sait seulement qu’il y en a une et qu’elle est violente, on a envie d’en savoir plus et on lirait volontiers le polar qui raconte cette histoire mystérieuse qui se déroule à Biarritz ou à Biarrisse, aux confins de l’Espagne le « z » et le « s » peuvent se confondre pour celui qui n’est pas autochtone. On sait que « La basket lui en colle une… » mais on ne sait pas qui est derrière la basket et qui ramasse la beigne.

Un livre étonnant, un livre qui m’a enchanté et j’y ai même vu sprinter le fameux Dédé Darrigade qui, à notre grand bonheur, raflait régulièrement les étapes de plaine du Tour de France quand j’étais môme. Je me souviens même qu’il avait été champion du monde en Hollande en devançant, au sprint, toujours, un certains Howenaers, si ma mémoire ne me lâche pas.

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