14 juin 2016 ~ 0 Commentaire

Pardon my French – Frédérick Houdaer

Pour clore cet opus Frédérik Houdaer précise : « L’écriture de ce recueil a débuté sur une aire d’autoroute de la région lyonnaise et s’est achevée dans la cuisine de Monsieur Thomas Vinau, à Pertuis, …. ». Or, par un de ces hasards que la littérature connait particulièrement bien, j’ai lu, quelques jours avant les vers d’Houdaer, le recueil « Bleu de travail » de Thomas Vinau, achevé d’imprimer en juin 2015. J’ai donc imaginé que les deux auteurs avaient écrit, chacun leur ouvrage respectif, face à face dans la cuisine de Pertuis, cherchant l’inspiration dans le rosé de la région. Ce n’est là que fantasmagorie mais il me plait d’imaginer cette situation.

Dans mon commentaire, j’ai écrit que Vinau a proposé des textes à lire comme on mange une friandise, sans se poser de questions, juste en dégustant. « Les arbres se gonflent et se dégonflent. Ils expriment le vide froid. Les branches sont des bronches. Poitrine de lumière. Et le ciel qui ronfle. Et nos peines soufflées. Là. »  Vinau écrit de la poésie en prose, Houdaer raconte des petites tranches de vie dans des vers totalement libres, sans aucune contrainte. Les deux poètes ont peut-être échangé des idées, des ébauches de textes, des vers… tout ce qu’un poète peut troquer.

Houdaer écrit des histoires courtes, très courtes même, pour raconter les petites choses qui font la vie, qui gèrent nos humeurs et nos émotions. Souvent, ces histoires mises en abyme  dans ses textes, s’enroulent souvent dans ses vers :

« les femmes qui sont assises derrière moi

nous n’avons pas fait beaucoup

de kilomètres qu’elles ont déjà

mal au cœur

mal à la tête

une idée sur l’idée que j’ai derrière la tête

si elles continuent

je vais leur laisser le soin de finir ce poème. »

Le sujet du poème devient alors la préoccupation du poète qui mêle ainsi intrigue et problèmes personnels.

Le poète ne semble pas avoir une grande confiance en lui ou, alors, il joue, avec beaucoup d’humilité, à celui qui n’est pas sûr de son talent. Son recueil est plusieurs fois marqué de cette humilité qui est plutôt la marque du talent qu’une quelconque insuffisance :

« je lui ai fait lire mon manuscrit

j’ai eu tort

elle a beau me complimenter

….

elle m’avoue enfin

ce sont tes textes

ce qu’il y a dedans

qu’est-ce qu’ils ont mes textes ? »

Et parfois, le poète se fâche et dénonce les insuffisances de notre société :

« fais parler ton Playmobil

on a la pythie que l’on mérite

alors fais-le parler

fais-lui dire que toutes les bêtises ne se valent pas

que la bêtise du journaliste est plus grave

que celle du boulanger

… »

Des textes de notre quotidien… qui réfléchissent un peu plus loin que notre quotidien !

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