06 juin 2016 ~ 0 Commentaire

Le Japon n’existe pas – Alberto Torres Blandina

Dans un aéroport, un balayeur interpelle des voyageurs et leur raconte des histoires, des histoires un peu extraordinaires, pas banales, qui finissent par se chevaucher et s’enchevêtrer autour du destin d’un gamin devenu tueur parce que son idéal inaccessible ne lui permettait pas d’accepter la médiocrité de notre société qu’il se sentait le devoir de punir pour tous ses travers. Il raconte des histoires qu’on lui a rapportées, des histoires qu’il a vécues, peut-être, des histoires qu’il a inventées, probablement, pour s’évader de son monde médiocre ou pour se donner une certaine importance, une certaine raison d’exister dans son emploi.

La réalité qu’il créé ainsi est peut-être tout aussi vérace que celle des passagers, visiteurs, touristes et autres voyageurs. Il invente un autre monde, une autre réalité, comme on imagine ces pays qu’on n’a jamais visités et qu’on est convaincu, à juste titre souvent, de mieux connaître à travers les lectures et les idées que l’on s’en fait que ceux qui n’en ont vu que les façades qu’on a bien voulu leur montrer. Un monde dépouillé de ses apparences, de ses apprêts, de ses atours, un monde peut-être pas plus vrai mais peut-être plus vraisemblable, plus crédible. « La réalité ne change-t-elle pas en fonction de la langue qui la structure dans notre tête ? »

Et, par ces récits, il donne vie à cet espace entre deux mondes qui existe, dans les aéroports notamment, entre celui d’où l’on vient et celui où l’on va, cet espace de temps qui est aussi un lieu où les hommes sont, pour un instant, différents. Un monde entre l’ici et l’ailleurs où les passagers vivent sans pudeur inutile, loin du regard de ceux qui les connaissent et les jugent habituellement.

Un texte original, drôle, inventif qui fait sourire et qui interpelle sur le regard uniforme, généré par les lieux-communs et idées reçues largement véhiculés par les grands médias et les supports commerciaux, que nous portons sur notre monde, mais un texte qui mériterait une plus grande exigence d’écriture et de style pour en faire une très bonne lecture.

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