07 mai 2016 ~ 0 Commentaire

American Visa – Juan Recacoechea Saenz

Ce livre rocambolesque est en fait un livre prétexte pour dresser un portrait de la Bolivie des années quatre-vingt-dix en déambulant dans les rues de La Paz à la découverte de tous les aspects de la société bolivienne, notamment ses bas-fonds peuplés des marginaux qu’on rencontre habituellement dans ce genre d’endroit : putes, malfrats, trafiquants de toute sorte, mendiants, ivrognes, … , tout un peuple de miséreux qui cherchent quelques pesos pour survivre dans un pays où la révolution a ruiné ceux que la dictature n’avait pas dépouillés.

En 1993, Mario, un professeur un peu trafiquant, arrive à la capitale pour demander un visa touristique au consulat des Etats-Unis. Il a tout préparé, des comptes bancaires trafiqués, des titres de propriété falsifiés,…, tout ce qui est nécessaire pour ne pas être refoulé mais au moment de se présenter devant le fonctionnaire de service il se dégonfle, persuadé que ses faux documents seront démasqués. Il commence alors une longue errance en ville à la recherche d’une autre solution pour sortir de ce pays où il ne peut plus vivre. Il finit par trouver une agence de voyage qui fournit des visas moyennant finance qu’il n’a, évidemment, pas et qu’il pense trouver en volant des acheteurs d’or. Mais son opération vire rapidement à la déroute et se transforme en une montée au calvaire où il trouvera, peut-être, un nouvel espoir pour oublier l’impossible rêve américain.

Cette exploration des rues de la capitale bolivienne devient vite un peu longuette, même si l’auteur excelle dans l’art du portrait et dresse une impressionnante galerie de personnages tous plus hauts en couleur les uns que les autres. On sent trop que ce livre est un alibi, un prétexte, l’auteur recourt à trop à d’artifices pour mettre en scène toutes les misères qu’il veut montrer dans cette histoire filandreuse, un peu bancale, assaisonnée à la cocaïne : fortune et fléau du pays, et arrosée au pisco qui permet d’oublier la misère.

« En Bolivie, L’honneur ne veut plus rien dire. Tout ce qui compte, c’est l’argent. Peu importe que tu le gagnes en fourguant de la cocaïne ou en vendant ton corps. L’important c’est de devenir bourgeois. » Un portrait sans concession de la Bolivie, à travers l’image de sa capitale, un inventaire de toutes les misères qui accablent cette nation qui a même perdu son accès à la mer. Le drame d’un pays exploité par les conquistadors dès le XVI° siècle, qui n’a jamais trouvé sa réelle identité, ni un peuple cohérent, dans la cohabitation entre indigènes et colonisateurs, et qui erre toujours (au moins au moment où ce livre a été écrit) entre révolution et dictature à la recherche d’un hypothétique équilibre.

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