29 mars 2016 ~ 0 Commentaire

Plage de Manaccora, 16 h 30 – Philippe Jaenada

Tout laisse à penser que ce livre a été conçu, dès son origine, pour faire un bon gros succès de libraire. Le sujet est du genre plutôt racoleur : une bonne catastrophe qui s’abat, sans prévenir, sur les épaules de braves touristes qui n’espéraient qu’un peu de repos bien mérité au soleil de l’été. Le lieu, la côte adriatique, semble avoir été, lui aussi, choisi pour les rêves qu’il colporte souvent et pour tous les romans à l’eau de rose qu’il a déjà hébergés. Et, enfin, le déroulement du récit qui, comme toujours dans ce type d’histoire, fait monter progressivement et inéluctablement la pression sur les personnages qui s’enfoncent irrémédiablement vers une issue fatale. Mais on sait bien que ces romans se terminent rarement mal, d’ailleurs l’auteur ne le cache nullement puisque le narrateur est celui qui se sauvait devant les flammes avec sa famille.

Il n’y a donc pas grand-chose à retenir de ce livre, même pas tout ce qui est écrit entre parenthèses, un bon quart du texte, où on trouve un peu de tout, du bon, des remarques perspicaces, des précisions intéressantes mais hélas aussi des clichés grossiers, des blagues à deux sous, des balourdises, des images douteuses, …

C’est, dans toute sa banalité, l’histoire d’un couple de Français moyens qui passe, avec son enfant, ses vacances estivales sur la côte adriatique quand, lors d’une balade, ils sont surpris par un incendie de forêt qui détruit le camping où ils se sont réfugiés. La course s’engage alors entre le feu et les estivants qui courent de plage en plage jusqu’à être acculés et obligés de fuir par la mer, n’ayant plus que le choix entre la mort par asphyxie et la mort par noyade. Mais on sait bien qu’un sauveur arrivera d’une façon ou d’une autre. Avant cette issue attendue, l’auteur fait passer les lecteurs par tous les étapes qui jalonnent un bon roman de ce type : le doute, l’incrédulité, l’incompréhension, le refus d’admettre, l’inquiétude, l’angoisse, la révolte, l’espoir, le désespoir, la résignation, l’indifférence… Et, finalement quand tout semble fini, les souvenirs, les regrets, le gâchis, les moments forts, ceux qui ont conditionné l’existence, les petits détails insignifiants qui marquent cependant la mémoire, affluent, sans oublier la réflexion moralisatrice sur le comportement bestial (l’instinct de conservation) de l’être humain devant l’échéance finale de plus en plus probable.

Voilà une belle tentative pour construire un beau succès de libraire qui hélas, comme presque à chaque fois, n’est pas un succès littéraire.

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