29 mars 2016 ~ 0 Commentaire

Je reviendrai avec la pluie – Takuji Ichikawa

Avant de les quitter, Mio, une jeune femme japonaise, prévient son mari et son fils : « Je ne serai bientôt plus de ce monde, mais lorsque la saison des pluies sera de retour, je reviendrai sans faute voir comment vous vous débrouillez tous les deux ». Resté veuf avec un enfant de six ans, son époux, piètre employé de bureau, malingre et souffreteux, essaie de tenir la promesse qu’il lui a faite, d’élever le mieux possible cet enfant malgré la claustrophobie, les pertes de mémoire, les crises d’hypoglycémie,… qui l’affectent. Depuis, il mène une vie minimale dont il raconte les moindres détails dans un texte aussi pauvre que son existence.

Et, comme elle l’avait annoncé, l’épouse décédée renaît de ses cendres en apparaissant brusquement devant son mari et son enfant, elle est totalement amnésique, ils décident alors, pour ne pas l’effrayer, de ne pas lui rappeler ses souffrances et son décès. Il lui raconte la vie qu’ils ont eue ensemble depuis qu’elle l’a rencontré, comment ils se sont séduits mutuellement et comment ils se sont aimés, au point de se marier et de procréer ensemble. Un exercice de mémoire qui les conduit vers un nouvel amour puisqu’ils réempruntent les chemins qu’ils avaient parcourus huit ans plus tôt. Mais la saison des pluies s’achève et la belle histoire tend à sa fin et au dénouement un peu alambiqué qui clôt le récit.

Si le sujet de ce roman est attractif et même affriolant pour le lecteur, l’écriture en est beaucoup moins brillante, sans pouvoir définir ce qui appartient à l’auteur et au traducteur, il faut bien reconnaître que l’écriture de la version française est assez mièvre, pauvre, rudimentaire, simpliste, construite sur des dialogues indigents, élémentaires. Le sujet lui-même, aussi alléchant soit-il, ne me semble pas très bien traité, le récit laisse le lecteur sur sa faim, il ne se passe rien qu’on ne puisse prévoir quasiment depuis le début du livre. Des lignes de textes sans intérêt pour gâcher une histoire qui aurait dû être intrigante, palpitante, sensuelle, surprenante…

Je suis sorti frustré de cette lecture car l’auteur semblait vouloir proposer une exploration de la zone indéfinie que le temps mesure mal, entre l’amour et la raison, le hasard et le destin et finalement la vie et la mort. J’aurais aimé qu’il me montre plus clairement les chemins qu’il a empruntés pour quitter notre monde et aller vers un autre que nous, pauvres lecteurs, n’avons pas la chance de connaître.

Ce texte reste cependant une belle histoire d’amour à répétition.

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