24 février 2016 ~ 0 Commentaire

Sept novelettes (et quelque) – Pascal Blondiau

Un tout petit recueil de toute petites nouvelles, des « novelettes » comme l’auteur les nomme, un véritable cadeau de Noël, de Noël « nouvelet ». Ce doux cantique de Noël pourrait justement s’appliquer à cet élixir de texte distillé à l’alambic des Carnets du dessert de lune :

« Quand je le vis, mon cœur fut réjoui,
Car grand beauté resplendissait en lui,
Comme au soleil qui luit au matinet.
 »

Ces textes sont d’une grande virtuosité, avec quelques mots seulement l’auteur respecte les canons de la nouvelle : une histoire, une unité dans l’histoire, une chute… et propose un moment de vie que le lecteur n’a plus qu’à mettre en scène. Comment ne pas imaginer la vulgarité du spectacle offert par cette effeuilleuse toute en courbe qui «… à la fin de son numéro … ramasse ses nippes sans grâce, elle n’est plus qu’une immédiate lingère » ? Comment ne pas imaginer l’histoire de Toussa quand on sait les milliards de zaïres dans la main de sa mère ? Il y en a sept toutes aussi denses, un peu amères, l’auteur regarde ce qu’il ya de l’autre côté du miroir.

Sept « novelettes » et un énigmatique « et quelque » qui pourrait-être ces deux bouts de texte placés aux deux extrémités du recueil. Celui qui clôt l’opuscule est révélateur de la pointe d’amertume qui assaisonne le recueil :

« Je cherche

A vivre en humaine compagnie

En souffrant l’invisible handicap

D’être moi aussi

Humain ».

Blondiau appartient bien à la gente des virtuoses du verbe qui exécutent leur numéro comme le gymnaste son acrobatie sur l’agrès.

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