07 février 2016 ~ 0 Commentaire

L’infini dans la paume de la main – Gioconda Belli

En visitant la bibliothèque d’un ami Giocconda Belli, a découvert une collection intitulée : « Livres sacrés et littérature ancienne d’Orient » et elle raconte « … j’ai lu en premier lieu le texte sur la vie d’Adam et Eve… En lisant le texte apocryphe, j’ai ressenti une évocation si vive de l’histoire d’Adam et d’Eve que j’ai aussitôt décidé d’écrire sur eux ». Et, dans ce roman, elle a mis son projet à exécution racontant la création d’Adam puis d’Eve, leur rencontre avec le serpent qui amène Eve à faire le premier choix de l’humanité, le grand choix entre le savoir et l’éternité. Eve choisit le savoir, la curiosité, la connaissance, la vie, Elohim chasse alors le couple du Paradis. « Vivre, était-ce un privilège ou un châtiment ? Pourquoi Elohim la rendait-il complice de sa création ? » La femme a endossé, au regard des religions monothéistes, une responsabilité qui lui collera éternellement à la peau.

J’ai eu une certaine difficulté à comprendre l’intérêt de réécrire la vie d’Adam et Eve et de leurs enfants, la genèse de l’humanité, même à travers des textes anciens restés en marge des textes bibliques et avec une bonne dose d’assaisonnement de morale et de bons sentiments contemporains. Mais en parcourant cette parabole concentrant dans la vie d’un couple et de leurs quatre enfants seulement tout ce que la théogonie grecque attribue à une immense foule de dieux et de héros, j’ai compris, ou cru comprendre, que Giocconda Belli voulait redéfinir la notion de bien et de mal et démontrer que cette notion est purement d’origine humaine et nullement imputable à un dieu quel qu’il soit. Elohim a créé Adam et Eve et leur a laissé le soin de décider ce qu’ils devaient faire s’ils voulaient vivre encore. Ainsi Adam et Eve ont découvert la faim et la soif, la nécessité de tuer, la chaîne alimentaire, « la vie se nourrit de la mort » ; le désir et le plaisir, l’amour et la haine ; le froid et le chaud, le jour et la nuit, l’hiver et l’été, le temps qui s’écoule ; la vie et la mort ; le bien et le mal. Et l’homme, encore maintenant, a toujours le choix entre le bien et le mal même s’il peut exister des contraintes particulièrement difficiles à contourner. « Le Mal, le Bien, tout ce qui est et sera sur cette planète, trouve son origine exactement ici : en toi, tes enfants, les générations futures ».

Cette démonstration tend aussi à prouver qu’un seul couple créé par un seul dieu a pu créer le monde tel qu’il est encore aujourd’hui même si les techniques et technologies ont notoirement évolué, donc que le monothéisme gouverne le monde et qu’il n’y a nullement besoin de pléthore de dieux pour expliquer l’origine de l’humanité. Cette conception très biblique, très religieuse, très chrétienne laisse cependant bien peu de place à la spiritualité, certes Adam impose la religion mais la vie ne résulte que des actes des membres de la famille, Elohim l’abandonnant définitivement à son sort.

Je ne suis pas très convaincu par ce livre, pas plus par l’intérêt de l’écrire, et encore moins par ce que Gicconda Belli énonce dans son propos liminaire : « Je ne suis pas religieuse, mais je crois qu’il y a eu une première femme et un premier homme. Et cette histoire aurait bien pu être la leur ». Pas sûr ! En ce qui concerne le Bien et le Mal on en dissertera certainement jusqu’à la fin des temps.

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