30 décembre 2015 ~ 0 Commentaire

Willenbrock – Christoph Hein

A travers l’histoire d’un ingénieur berlinois ayant perdu son emploi après la faillite de son entreprise suite à la chute du « Mur », Christoph Hein décrit les mutations ayant affecté L’ex République Démocratique d’Allemagne quand elle a été fondue dans la République Fédérale d’Allemagne avec tous les effets pervers que cela a comportés. Il dépeint la désagrégation de la société structurée par le régime disparu et la naissance d’un ordre nouveau placé sous le signe d’un libéralisme débrouillard et pas toujours très régulier. Mais la règle la plus générale, celle affectant le plus le héros et ses amis semble bien résider dans la peur qui les poursuit et les imprègne : peur que les vieux démons enfouis sous le tapis de l’histoire ressurgissent au grand jour avec fracas, peur de tous ces traîne-misère qui hantent l’Europe de l’est, de Moscou à Berlin, pillant, rançonnant – écume d’un peuple déboussolé, « Avant on était fier, courageux et pauvre… aujourd’hui on est plus que pauvre » – les citoyens honnêtes qui essaient de reconstruire leur vie démolie. La chronique quotidienne d’un cadre allemand confronté à des modifications sociales et économiques qui le dépassent.

Avant le chute du « Mur », Willenbrock (étonnant comme ce nom sonne comme Buddenbrock : deux noms de onze lettres chacun dont seules les quatre premières varient, Hein pensait-il à Thomas Mann en écrivant son texte ?) travaillait comme ingénieur électronicien dans une entreprise berlinoise, son entreprise ayant fait faillite, il reconstruit sa vie en créant un commerce de vente de voitures d’occasion principalement à des ressortissants des pays de l’Europe de l’est. Son affaire prospère rapidement et il retrouve un niveau de vie agréable jusqu’à ce que la peur le rattrape. Peur du passé lorsqu’il apprend, par un ex collègue, le nom de celui qui a médit sur son compte auprès de la direction de son entreprise, le privant de quelques déplacements qu’il espérait effectuer à l’Ouest, peur des voleurs et voyous qui attaquent son entreprise et même sa personne. La police et la justice ne lui donnent aucune assurance, il ne peut pas accepter la protection offerte par un gros client russe, il s’interroge sur la façon de protéger sa femme et son entreprise.

Un sujet très intéressant, surtout au moment où ce livre a été publié, en 2001, mais dont le texte m’a laissé un peu sur ma faim : ce récit est très lent, sinueux, encombré d’anecdotes et de détails qui ne font pas avancer l’histoire de cet ingénieur recyclé et qui ne concourent pas réellement à une description éloquente de la société berlinoise après la chute du « Mur ». Lors de ma lecture, J’ai cependant noté des idées pertinentes et judicieuses dont cette citation qui, j’espère, ne sera pas prémonitoire mais que nous devrions tous méditer, surtout ceux qui ont la charge et la responsabilité de la survie des peuples dans l’Europe d’aujourd’hui : « Ne vous faites aucun souci pour la Russie. La Russie en a tellement vu, elle ne va pas mourir, parce que le tsar ne peut pas mourir. Mais vous ne devriez pas défier la Russie. Votre Europe serait mal avisée. Nous ne savons pas vivre, mais nous savons nous battre et mourir. Et comme dit la chanson : le Russe sait vaincre ». A bon entendeur salut !

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