29 décembre 2015 ~ 0 Commentaire

Poèmes du temps – Isidore Hiro

Ce court recueil de poèmes est introduit par la généalogie et une biographie de l’auteur car « c’est notre façon traditionnelle de procéder : celui qui va parler se présente, dit d’où il vient, qui sont ses ancêtres, qui il est. Il n’y a pas d’anonymat chez nous (en Polynésie) ». Isidore Hiro nous rappelle ainsi le lien très fort qui unit l’homme à sa terre, on doit se présenter en disant d’où l’on vient et d’où viennent ses parents. Il n’écrit pas spécialement pour faire œuvre de littérature mais surtout pour rappeler aux Polynésiens, ceux de Moorea notamment où il est né et où il est revenu pour terminer sa carrière et vivre sa retraite, qu’ils appartiennent à un peuple qui a une terre, une langue, une culture et qu’ils sont en train d’abandonner tout cela devant la modernité apportée par ceux qui se sont approprié cette terre qui ne leur appartient pas. C’est une leçon de bonne conduite polynésienne. « Puisse ces textes redonner courage et espoir à ceux qui luttent pour conserver leur identité et donner ou redonner à d’autres le goût de leur culture et de leur langue si précieuses et irremplaçables ».

Le temps est aussi une grande préoccupation de l’auteur, « j’ai écrit pour parler du Temps : l’ancien temps, le temps présent et le temps à venir… » car le temps est immuable, seuls, les hommes changent et en Polynésie, ils ne changent pas pour la bonne cause, pour la défense de leur identité.

« Ô, toi le temps,
Tu es toujours le même
Dans les temps anciens,
Hier,
Aujourd’hui,
Demain et après demain,
Et il en sera ainsi jusqu’à la fin des temps. »

La modernité a envahi la Polynésie comme elle a submergé le reste du monde et Isidore Hiro cherche à stigmatiser cette déviance :

« C’est ainsi… C’est l’époque moderne.
C’est le temps des bradeurs de terres, des voleurs de terres, »

C’est aussi le temps de l’inquiétude et de l’angoisse, le temps du désespoir mais peut-être aussi le temps de tout changer, de renouer avec la tradition de tout récurer pour que vive le peuple mäôhi.

« Ma culture en train de sombrer dans l’oubli,
Mon identité mäôhi en train de s’anéantir,
Le nom de mes ancêtres en train de s’effacer,
C’est l’époque du grand nettoyage. »

Ce recueil a été écrit en 1999, publié en 2000 en langue tahitienne et réédité en 2009 en version bilingue tahitien et français. Je l’ai acheté au Salon du livre de Paris, l’année de l’Océanie.

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