29 décembre 2015 ~ 0 Commentaire

L’appel du large – Camille Colmin

Gille a décidé de poursuivre sa carrière d’enseignant en éducation physique et sportive à la Réunion, avant de partir il laisse à une amie une enveloppe contenant deux lettres d’élève, un compact disque, des notes et un petit manuscrit qu’il lui suggère de mettre sous la forme d’un roman. L’amie écrit donc l’aventure que Gille a connue avec ces deux élèves, des filles un peu effrontées qui n’avaient pas froid aux yeux. A douze ans, elles le provoquaient devant toute la classe pour évaluer ses réactions dans son survêtement. Et, quand cinq ans plus tard, il les surprend en fâcheuse position, il décide de fomenter une vengeance bien méritée. Profitant de l’avantage que la situation lui confère, il pense mettre les filles à sa merci mais il découvre vite que les deux petites dévergondées sont plus expertes que lui en perversité sexuelle.

Le scénario est intéressant, dommage que le texte soit encombré par des considérations sociologiques, politiques, religieuses, syndicalo-corporatistes, psychologiques, … On dirait que l’auteur cherche à s’excuser d’écrire des histoires érotiques en évoquant des sujets qu’il juge plus sérieux comme si le sexe n’en n’était pas un lui-même. Il oublie que l’activité sexuelle est une fonction physiologique qui fait partie de ce que tous les humains ont en commun. Il s’égare ainsi dans des discours formatés et convenus qu’on entend beaucoup trop souvent sur les antennes. Il oublie que l’érotisme c’est avant tout de la transgression, du plaisir, de la luxure, de la volupté, de la perversité, tout ce qui passe au-delà de la morale, de la religion, des convenances véhiculées par notre société bien pensante.

En gardant son texte sur le fil de l’érotisme, l’auteur aurait pu économiser un bon nombre de pages, alléger ce roman un peu trop lourd, mettre en évidence sa grande culture sans risquer l’étalage et valoriser une écriture qui n’est pas dénuée d’intérêt. C’est une première tentative, gageons que dans ses œuvres à venir, il choisira clairement son genre sans prendre le risque de confondre fiction et essai, morale et perversion.

L’auteur nous laisse penser qu’il très certainement professeur d’éducation physique et sportive lui-même, il connait bien le métier et le milieu de l’Education nationale, je me permettrai donc de lui faire un petit clin d’œil en lui faisant remarquer que la discipline qu’il appelle la GRS a désormais perdu son S pour n’être plus que la GR (gymnastique rythmique qui n’est plus sportive) à la demande de la fédération qui gère cette discipline et dans laquelle j’ai de minces responsabilités. Camille Colmin ayant rappelé la phrase de Jacques Salomé : « Un livre a toujours deux auteurs, celui qui l’écrit et celui qui le lit », je me suis permis cette remarque anodine.

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