30 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

Soname ou la bonne fortune : Une enfance tibétaine – Soname Yangchen

Sur les pas de Soname, j’ai entrepris un périple rocambolesque et périlleux à travers le Tibet, le Népal et l’Inde, en passant par la France, pour atterrir en Angleterre où elle connait un réel succès comme chanteuse tibétaine notamment dans les festivals de musique folklorique. Elle a vu le jour en 1973, à Yarlung, au centre du Tibet, dans une famille paysanne aristocratique, deux dalaï-lamas dans l’arbre généalogique, avant que les Chinois envahissent le pays, la ruinent et l’humilient au moment de la Révolution culturelle.

A l’âge de huit ans, ses parents décident de la mettre à l’abri des exactions de la soldatesque qui rode dans les campagnes, en l’envoyant chez une parente à Lhassa mais la petite n’étant pas apte à la danse, la tante la confie à une famille qui l’utilise comme bonne à tout faire pour le seul salaire du gîte et du couvert. Elle travaille très durement, se fortifie et s’endurcit sans jamais se plaindre.

A quinze ans, elle s’enfuit vers le Népal et l’Inde où elle veut retrouver le Dalaï-lama qu’elle vénère comme un dieu vivant. Après une expédition homérique et périlleuse sur les plus hauts sentiers du monde, elle arrive au terme de son voyage où elle commence une vie d’exilée remplie de moult aventures et avatars tous plus incroyables les uns que les autres.

Un petit livre, un témoignage, pour raconter son voyage mais aussi pour évoquer son pays et ceux qui y vivent toujours sous le joug des Chinois qui, surtout pendant la Révolution culturelle, les ont très durement traités, notamment les religieux qui ont subi l’humiliation, l’emprisonnement, divers sévices dont la torture et même l’exécution capitale pour des motifs véniels ou même fallacieux. La population a été décimée par la famine organisée, les violences physiques et la destruction des pratiques traditionnelles garantes de la survie dans ce milieu particulièrement hostile.

Une façon aussi de rappeler que la spiritualité tibétaine est assise sur le karma de chacun qui n’est, pour nous Européens, qu’une forme de résignation, d’acceptation, de chance ou de manifestation du hasard. L’obscurantisme élevé au niveau d’une spiritualité exacerbée. Soname, elle, a une confiance absolue en son karma, une grande religiosité, une profonde spiritualité et une vénération profonde du Dalaï-lama qui l’incite à lutter pour son peuple martyrisé.

Dans cette aventure hautement rocambolesque, elle connait les pires galères, la douleur, l’humiliation, l’abandon, le luxe, les concerts mémorables et les honneurs les plus flatteurs ; il est bien difficile de savoir, dans ce destin, quelle est la part du karma, de la volonté, de l’éducation, de l’endurcissement, du hasard, de la chance… et aussi de la personnalité de ce petit bout de femme qui semble capable de tout surmonter. Un exemple à suivre, peut-être pas, un modèle de courage, certainement, et une bonne raison de toujours croire en un possible avenir meilleur.

« Le karma est une chose bien étrange…, on ne sait jamais dans quel sens la roue va tourner. »

Laisser un commentaire

An Other Fake Artist |
Nouvelleshorrifiques |
Twexter |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | FUYONS, LISONS !
| Taqbaylitiw
| Debauchesetperversions