29 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

Un roman américain – Stephen L. Carter

Un  » Da Vinci Code  » noir ou quelque chose qui pourrait s’en inspirer, une conspiration tentaculaire comme on en trouve dans tous les livres du genre, une conspiration à l’échelle de l’histoire des Etats-Unis. En 1952, – « Les scientifiques étaient les héros du jour. La technologie gouvernait le monde. » -quelque part en Amérique, un homme, certainement très important, réunit un petit groupe de personnages influents pour leur confier son idée, son plan, un plan complexe, brillant, infernal, une grande conspiration qui consiste à prendre le pouvoir suprême pour conserver les privilèges qu’ils détiennent et éventuellement augmenter encore leur fortune.

1954, Eddy Wesley, un jeune noir se pensant écrivain, traîne ses baskets dans Harlem où il finit par trouver un début de gloire en publiant une nouvelle à succès. Un jour, au sortir d’une fête, il butte sur le cadavre d’un homme assassiné. Il vient de croiser son destin en étant la personne choisie pour découvrir ce cadavre. Peu après, sa jeune sœur disparait sans laisser la moindre trace ; il part à sa recherche dans une longue traque de plus de vingt ans qui lui fait traverser tous les épisodes scabreux de l’histoire américaine de la seconde moitié du XX° siècle autour de laquelle s’enroule le roman.

Dans cette intrigue tortueuse à souhait, tout le monde manipule tout le monde, on ne sait plus qui est qui, qui fait quoi et pourquoi. Magouilles et embrouilles s’interpénètrent, se chevauchent, s’emmêlent encore plus que dans tous les bons livres du genre. Des personnages apparaissent régulièrement pour embrumer encore le récit ou pour allonger la sauce au gré des besoins de l’auteur. L’histoire des USA entre 1954 et 1994 défile avec ses luttes pour le pouvoir entre les partis politiques, le FBI de Hoower, le KKK et les extrémistes du genre, les mouvements noirs radicaux ou pacifistes, les lobbies financiers et les membres de la conspiration et leur branche exécutive « L’Agonie de la couronne ».

Derrière cette grande conspiration, l’auteur dresse un portrait de l’Amérique vue par les Noirs, par les Noirs riches, les Noirs intellectuels et militants, plutôt de gauche même si leurs intérêts les poussent de temps en temps à droite. Les grandes personnalités de cette époque deviennent des personnages de la fiction, les héros rencontrent Kennedy et Nixon, des écrivains, des jazzmans et d’autres célébrités encore. L’histoire se déroule dans les milieux de l’argent, du pouvoir, des élites (intellectuelles, judiciaires, universitaires, administratives, ….) où Harvard rime avec Martha’s Vineyard. « Nixon était l’Américain type. Gagner la partie comptait plus que l’honneur, l’intégrité, et toutes les valeurs que prêchait Wesley Senior. »

Une façon aussi de raconter Harlem et la « nation obscure » car « Harlem a ses secrets. Des secrets qu’il ne livrera pas sans se battre. Harlem n’est pas simplement un quartier,… C’est une idée. Voire une idéologie. Une force…. » Un quartier qui a ses milliardaires qui évoluent entre business et affaires douteuses. Une évocation aussi du statut des noirs aux USA, de la lutte des radicaux, des conquêtes civiques… Et aussi un large aperçu de tout ce qui peut se tramer dans les coulisses du pouvoir de la plus grande démocratie du monde.

Un Pavé très facile à lire, destiné à un vaste public que l’auteur prend soin de retenir en lui annonçant régulièrement toutes les situations croustillantes qui vont arriver pour qu’il ne lâche pas le livre. Un pavé pas toujours très cohérent, trop long, un peu filandreux, bâti sur des lieux-communs et des poncifs un peu éculés mais un livre qui peut conduire jusqu’au bout de la nuit.

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