23 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

Le journal de Zlata – Zlata Filipović

« On me compare à Anne Franck. Et ça me fait peur, Mimmy. J’ai peur de finir comme elle. » Zlata, onze ans, ouvre son journal intime, Mimmy, le 2 septembre 1991, elle lui confie les petites choses de la vie d’une gamine de Sarajevo quand les événements percutent brutalement son petit monde organisé autour de sa maman, de son papa, de sa famille, de ses amies, de son école, … Tout ce qui peut faire vivre, aimer, rêver une gamine de cet âge.

Cette petite écolière studieuse, appliquée et douée, ne comprend rien à ce qui se passe, elle n’imagine même pas la ségrégation qui peut séparer les diverses communautés vivant dans la ville. Elle n’évoque cette notion que vers la fin de son journal quand elle a commencé à parler avec les journalistes. « Les gens comme nous ne veulent pas de cette division car personne ne sera heureux comme ça, ni les Serbes, ni les Croates, ni les Musulmans. »

La guerre ce n’était pas pour Sajarevo, pas pour elle, c’était pour les autres, là-bas, ailleurs ! Mais progressivement les horreurs des combats se mêlent aux futilités de l’adolescence et prennent de plus en plus de place dans son journal jusqu’à devenir le seul sujet de préoccupation de Zlata.

« UN CARNAGE ! UN MASSACRE ! UNE HORREUR ! UNE ABOMINATION ! LE SANG ! LES HURLEMENTS ! LES PLEURS ! LE DESESPOIR ! »

Rester en vie, fêter les anniversaires pour ne pas perdre le sens du temps qui passe, se débrouiller pour manger, se lever encore, oublier la guerre le plus possible, grandir sans pouvoir changer de vêtement. Les visites, les courriers, les colis, aident à penser qu’on vit encore, qu’on existe encore pour quelqu’un. Mais le courage parfois faiblit, le désespoir envahit la petite communauté. « Je ne sais pas ce que je dois faire, continuer à vivre et à souffrir, continuer à espérer, ou me trouver une poutre, une corde et… »

C’est le journal de la guerre, de la peur, de l’angoisse, de la claustration, de la banalisation du danger, de la faim, de la douleur, de la mort, de la mort qui frappe parfois la famille, les amis, les proches, du désespoir qui saisit alors Zlata et les siens. Et au-delà du désespoir, il faut reprendre le chemin de la vie, s’accrocher, vivre encore, espérer encore, écrire pour se donner une raison de vivre. Les mots, même s’ils ne sont plus matériaux de littérature, deviennent la sève d’un espoir, d’un après. Un journal pour raconter, pour rapporter, pour témoigner mais jamais pour dénoncer, jamais pour condamner, seulement pour dire que « Les « chers bambins » (les responsables politiques) s’amusent vraiment avec nous. », que « Le Conseil de sécurité est désespérant. Aucun bon sens dans ses résolutions. »

Les marchands de guerre n’ont rien à faire des faibles et des humbles, des femmes et des enfants, « … on fait semblant de vivre » à Sarajevo entre septembre 1991 et octobre 1993. Zlata a témoigné.

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