22 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

Passion et oubli d’Anastassia Lizavetta – Juan Carlos Mondragón

Anastassia Lizavetta a cruellement poignardé son mari, à mort, sans motif apparent et son cousin écrivain qui l’adule, essaie de se glisser dans la peau de sa cousine pour comprendre, et faire comprendre, le pourquoi de ce geste inconcevable. Il va ainsi reconstituer la première journée de la criminelle après son meurtre et va accompagner cette femme qui en fait est double : « ma cousine », femme au foyer sans ambition particulière qui vit son quotidien méthodiquement mais sans enthousiasme et Anstassia Lizavetta, femme frustrée, volage, qui rêve d’aventures sexuelles, de transgression, qu’elle rencontre dans ses rêves non aboutis.

« Ma cousine », seulement victime de ses frustrations et illusions perdues ne peut être responsable de ce geste fatal que l’auteur attribue à Anastassia Lizavetta, l’autre femme, qui a connu une vie moins banale semée d’embûches : victime d’un sort dès son enfance, agressée sexuellement par son père, matée par son oncle et obligée d’avorter encore dans l’adolescence. Elle parcourt la ville pour relier tous les lieux qui ont marqué sa vie, pour voir une dernière fois son quartier, sa ville, se sentir encore libre mais aussi jouir d’une dernière aventure possible, se faire quelques petits plaisirs qu’elle ne s’offrait jamais et, pourquoi pas, trouver une solution pour transmettre la responsabilité de son geste sur un autre coupable possible ou au moins se soustraire à sa responsabilité. Celle qui sait qu’elle est responsable et qu’elle n’échappera pas à la sanction et celle qui cherche encore à se défiler, à trouver une solution pour sortir de cette nasse.

Un bel exercice de style sur le dédoublement de la personnalité et sur le comportement des schizophrènes sur fond de vie quotidienne dans Montevideo que l’auteur décrit dans ses moindres détails, qui n’est pas la grande ville qu’elle croit être et qui sombre dans la décadence. Dans cette métropole où les pauvres n’ont aucune chance de s’en sortir, où le destin semble avoir fixé à l’avance le sort de chacun comme il a déterminé celui de « ma cousine » et celui d’Anastassia Lizavetta.

Ce pourrait être une très belle lecture mais le style lourd, lent, haché, répétitif, semble laborieux et peu fluide ce qui gâche un peu le plaisir qu’on pourrait prendre en parcourant cette ville dans les pas de cette femme victime d’une maladie qui l’a rendue criminelle, mais également une lecture qui peut aussi nous interpeller sur la notion de culpabilité et bousculer quelques unes de nos belles certitudes.

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