02 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

La foire aux serpents – Harry Crews

A Mystic, bled pourri dans le trou du fion de la Géorgie, là où vivent plus de crotales que de bouseux, les glorieuses idoles des Crotales, le club de foot, préparent la fête des serpents qui draine chaque année une foule de plus en plus nombreuse et de plus en plus déjantée.

Cette journée d’attente oppressante se noie dans un flot d’alcool en compagnie des majorettes du club et d’un couple tout aussi déjanté. Alors, l’alcool exacerbe une violence latente que ni le foot, ni la chasse aux serpents, ni les combats de chiens, ni toutes les rixes possibles ne suffisent à canaliser pour l’empêcher de dégénérer en baises brutales où la violence imposée aux femmes devient monnaie courante comme les sévices imposés aux nègres et autres métèques. Un exutoire à toute cette tension qui se voudrait virile mais qui n’est que bestiale.

Et, quand la fête commence, la situation dérape, les événements s’enchaînent et échappent aux protagonistes. Les comptes se règlent, les coups pleuvent de plus belle et les victimes habituelles pourraient profiter de la situation pour régler quelques dettes anciennes et trouver, là, l’occasion d’une vengeance à la mesure de toute cette cruauté gratuite.

Un bon vieux livre de cette bonne vieille « Série noire », bien ficelé, glauque à souhait avec une certaine complaisance dans la violence et la beuverie que même un Irlandais ne supporterait pas. Mais aussi, un regard aiguisé sur cette Amérique des tréfonds où la populace, à peine plus humaine que les crotales et les pit-bulls, s’ennuie à mourir et ne s’affirme que par la violence à l’endroit des plus faibles, les femmes, les nègres, les métèques, …

C’est aussi un livre sur la frustration de ceux qui ne peuvent pas quitter ce trou paumé où leurs espoirs sont enfouis. « Dire que lui avait passé cette période de sa vie à fourguer du Whisky aux nègres et à regarder les dents d’Elfie tomber. » Cette frustration qui conduit au désespoir et même pour certains à la folie. « On pourrait par exemple perdre la boule à croire qu’un jour les choses seraient différentes. »

Un Crews que j’ai trouvé plus noir que dans « Car » il y a une décennie déjà et qui fait penser à l’Amérique de « La filière émeraude » de Michael Collins, d’« Un enfant de Dieu » de Cormac Mc Carthy, de « La sagesse dans le sang » de Flannery O’Connor, de « Save me, Joe Louis » de Madison Smartt Bell, de « Little » de David Treuer, et de tant d’autres … à croire qu’elle existe en aussi sinistre !

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