28 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

La forêt des ombres – Franck Thilliez

« Tu es un écrivain pitoyable ! Ton récit est archi nul ! » Non, Franck il ne faut pas exagérer ton récit n’est pas si nul que tu le dis, même si tu parles du roman que ton personnage doit écrire pour justifier le salaire colossal qu’il perçoit.

Car David, thanatopracteur, victime d’une amoureuse inconnue qui le harcèle violemment par courrier, mail et autres colis, a rencontré un riche mécène qui veut faire de lui un auteur de polars reconnu, qu’il rêve de devenir, à condition qu’il veuille bien écrire un livre qui mettrait en scène cet inconnu fortuné. David accepte cette proposition malgré la réticence de son épouse qui suit une procédure d’avortement pour garder secrète la relation qu’elle a eue avec le meilleur ami de son mari car, pour corser le tout, celui-ci est stérile. Voilà après une trentaine de pages, vous vous retrouvez avec ça sur les bras et ça ne fait que commencer car le couple doit partir dans la Forêt Noire avec son enfant et le mécène pour écrire le fameux roman dans un lieu très, très , isolé qui permettra à l’auteur d’être dans une ambiance appropriée. Et bien sûr quand on se retrouve en petit comité dans un coin perdu dans les neiges, entourés de bêtes sauvages et de monstres, que les événements deviennent de plus en plus étranges et que le maître de céans impose des contraintes de plus en plus bizarres, la tension monte et le manège infernal se met en branle avec son cortège d’horreurs et d’immondices pour faire vibrer la fibre sadomasochiste qui dort au fond de chacun de nous.

Mais, le but n’est pas franchement atteint car la tension et l’angoisse ne viennent pas aussi facilement, il ne suffit pas d’un amoncellement d’horreurs même dans un trop plein de pourritures et autres matières répugnantes. L’auteur a beau avoir recours à tous les trucs éculés du roman noir, il n’arrive pas à nous faire peur même avec tous les accessoires utilisés habituellement par la corporation (monstre, tronçonneuse, bête sauvage, phénomènes paranormaux, psychopathe, bistouri, scalpel, fusil pour la chasse aux éléphants, …, j’en passe et des meilleurs. Il y a confusion entre accumulation et tension, Thilliez est trop verbeux, il digresse trop, explique trop, ne laisse pas assez de mystère pour que l’angoisse puisse s’installer. Il campe plus dans la répugnance que dans l’inquiétude, l’attente, la tension, l’incertitude, tout est trop prévisible, convenu et pourtant, il écrit bien que « La peur ne se fait pas, elle se vit… ». Ce roman parvient tout juste à nous écœurer et à nous répugner mais pas à nous angoisser et encore moins à nous faire frissonner et pourtant l’intrigue est intéressante, un bel exercice de style sur la manipulation que l’auteur n’a pas su mener à son terme avec toute la maestria voulue.

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